Soutenance à l’UCG : dans son mémoire de DEA, l’abbé Patrick Kasolene appelle à sensibiliser les Wazalendo aux droits de la guerre
Le gouvernement de la RDC devrait sensibiliser les combattants Wazalendo aux droits de la guerre et aux techniques militaires pour lutter contre les violations commises par ces patriotes. C’est une recommandation de l’abbé Patrick Kasolene, chercheur en Sciences sociales, politique et administrative (SSPA). Il l’a émise au cours de la présentation de son mémoire de DEA (Diplôme d’études approfondies) ce jeudi 2 avril 2026, à l’école doctorale de l’Université catholique du Graben (UCG) de Butembo, au site Horizon.
Les cérémonies de cette défense ont eu lieu, l’avant-midi, dans la salle multimédia. Dans son mémoire, l’abbé Patrick Kasolene part du quotidien de l’Est de la RDC où, depuis quelques années, les combattants Wazalendu, travaillant en commun accord avec le gouvernement de la RDC, investissent les villages. Une situation qui ne manque pas d’engendrer des violations, bien qu’ils effectuent un travail important aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), dans la lutte contre les hommes de l’AFC/M23.
Ils sont, entre autres, pointés du doigt pour des tracasseries routières, des abus de pouvoir, des pillages, des VBG et autres exactions, fait constater le chercheur en SSPA.
“Ils ont réalisé suffisamment de travail lorsqu’ils étaient au front avec les FARDC. On a aussi constaté qu’il y avait des actes de violence qu’ils posaient auprès des populations civiles. On a proposé dans ce travail des stratégies de la violence due aux Wazalendo. Pour nous, le phénomène Wazalendo, c’est une opportunité au niveau des politiques publiques que l’État congolais doit saisir pour diminuer la violence au niveau des entités où ils sont actifs”, a-t-il déclaré.
Pour lutter contre ces violations, l’impétrant, l’abbé Patrick Kasolene, propose l’identification de tous les Wazalendo et de leurs groupes en les « déprivatisant » de leurs responsables actuels pour qu’ils soient placés sous la responsabilité totale de l’État. Ce processus serait suivi d’une phase de renforcement des capacités en matière de droit de la guerre et de lutte contre les violations des droits humains, a-t-il résolu.
“Nous avons constaté que dans les groupes armés, il y a des gens prêts à travailler pour la communauté dans leur terroir. Ceux-là ne sont pas prêts à aller loin de chez eux. Donc, ils ne peuvent pas être de la réserve pour la patrie, moins encore dans les FARDC parce qu’ils sont liés à leur terroir. Comme on doit aussi gérer cette violence pour ces gens, si on les forme, au moins on saura surveiller les armes qu’ils ont. Et si l’État disponibilise les moyens qu’il faut, on saura où ils sont, qu’est-ce qu’ils font et on saura surveiller leurs actions”, a-t-il démontré.
Dans l’Est de la RDC, plusieurs organisations des droits humains n’ont, depuis la recrudescence des affrontements entre les FARDC, appuyées par les Wazalendu, et les rebelles de l’AFC/M23, cessé de dénoncer les violations dont sont auteurs les Wazalendo.
Patrick Kalungwana