Butembo : Ubuntu Panafrica prône l’usage des langues maternelles pour renforcer l’identité culturelle

La langue est un symbole de toute culture et une arme contre toute agression. Ainsi, l’apprentissage de la langue maternelle aux nouvelles générations s’avère indispensable pour barrer la route aux envahisseurs. Ce message clé a été adressé aux participants d’un atelier de capacitation organisé par l’organisation Ubuntu Panafrica ce vendredi 3 avril 2026, dans le cadre de la clôture du mois de mars dédié aux droits de la femme. 

C’est la grande salle du centre Uhai Kikyo qui a servi de cadre à cette activité qui avait pour thème principal : « Les femmes politiques et les partis politiques face à l’insécurité et le terrorisme en RDC ».  

Les femmes de différents partis politiques, les représentants de différentes composantes de la société civile et les membres d’autres groupes sociaux sélectionnés au préalable y ont pris part. 

Les différents exposés étaient centrés sur la participation de la femme à la recherche de la paix. Fidèle Ubuntu, coordonnateur de l’organisation Ubuntu Panafrica, a centré son exposé sur le rôle de la langue. 

Pour lui, avant qu’une nation ne disparaisse, c’est d’abord sa culture, qui comprend la langue, qui disparait en premier. Il encourage donc les parents à renforcer l’apprentissage de la langue maternelle à leurs enfants selon qu’ils sont de telle ou telle autre tribu.

La langue est une arme. C’est un symbole de pouvoir et d’autorité sur un espace. La langue maternelle de Butembo et de Lubero est le kinande. C’est cette langue qui protège cette terre. La France se protège par le français. Le munande se développe en étant munande. Le mutalinga se développe en étant mutalinga. Le mushi se développe comme mushi. Parler kinande, c’est un signe de résistance à l’occupation. N’importe qui arrive, il se permet de parler comme vous dans une assemblée. Bien que tu parles swahili, si tu parles kinande, il est probable qu’il ait besoin d’un interprète. Vous connaissez tous ses secrets”, a-t-il sensibilisé. 

À l’issue de cette séance, les participants se sont dits satisfaits de la matière apprise. Ils promettent d’aller vulgariser ces connaissances dans leurs associations.

“(I) J’ai retenu qu’il faut sensibiliser les femmes à ce qu’elles embrassent l’armée congolaise. Moi-même, je serais sensibilisatrice. (II) Je dirais qu’il ne faut pas apprendre les choses qui ne nous appartiennent pas. Quand nous apprenons aux enfants le français, par exemple, pensez à leur parler aussi de kinande. (III) Vraiment, nous nous encourageons à sensibiliser la communauté, surtout les femmes et les jeunes filles, à être prêtes à contribuer à la paix et à la sécurisation de notre ville”, ont-ils restitué. 

Les femmes civiles, les militaires et policiers présents se sont engagés à renforcer le mariage civilo-militaire afin de contribuer aux démarches visant à ramener la paix.

Joëlle Mwenge 

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