Lubero : la société civile monte au créneau face aux dérives de certains Wazalendo

La société civile, forces-vives du territoire de Lubero au Nord-Kivu, dénonce et condamne avec fermeté les abus et atteintes aux droits de l’homme commis sur les civils par certains Wazalendu dans cette entité. Dans un message d’indignation signé par son président, Muhindo Tafuteni Waleyirwe, depuis le 4 mai 2026, cette structure citoyenne affirme avoir documenté plusieurs cas d’abus et d’atteintes aux droits humains. 

Il peint un tableau très sombre de la situation depuis l’appel du chef de l’État en 2022 lancé aux compatriotes pour barrer la route aux agresseurs. Selon lui, certains inciviques avaient profité de l’appel pour se faire passer pour patriotes. La société civile a documenté au moins 11 cas d’abus, de meurtres ou d’enlèvements dans une période de six mois en territoire de Lubero et dont les Wazalendu seraient les auteurs.

“La circulation des armes dans la population, dont certains Wazalendo sont porteurs sans aucun professionnalisme ni règlement militaire et moins encore sans notion de droits de l’homme, demeure une tombe creusée avec des conséquences incalculables. Sous l’œil impuissant du gouvernement et peut-être avec complicité, certains Wazalendo ont érigé des barrières dans plusieurs tronçons routiers à partir desquels ils harassent et tracassent tout passant. En outre, ils ont établi des cachons dans leurs positions où les cas de traitements inhumains, tortures et meurtres sont signalés”, a-t-il déploré. 

Outre ces cas, la société civile signale la multiplicité des barrières, les vols des bétails et les taxes illégales. Elle exige la formation des Wazalendu, la limitation de leurs mouvements dans les grandes agglomérations, les sanctions contre certains commandants Wazalendu impliqués ainsi que leurs complices dans la commission de ces violations de droits humains, indique Muhindo Tafuteni. 

“Au gouvernement central : renforcer le PDDRC-s et matérialiser le processus de la Réserve armée de la défense (RAD) afin de former les groupes Wazalendo dans un centre militaire et de désarmer ceux qui sont intéressés par la vie civile. Au gouvernement provincial : supprimer les barrières illégales et réglementer les services habilités commis à celles légales. À la justice militaire : diligenter régulièrement des enquêtes pour établir les faits et les responsabilités des abus. Au commandant du secteur opérationnel Sokola  I Grand Nord : imposer des mesures contraignantes aux groupes Wazalendo pour rejoindre les politiques actuelles de protection et de sécurité des personnes et de leurs biens”, a insisté Tafuteni Waleyirwe. 

Il invite la population à collaborer étroitement avec les services de sécurité afin de dénicher certains bandits qui se cachent derrière des groupes Wazalendu. 

Cette déclaration arrive au lendemain d’un double meurtre enregistré dans une position de Wazalendu à Kimbulu sur l’axe Butembo-Lubero. Les corps de deux victimes étaient retrouvés dans cette position la matinée de dimanche 3 mai dernier.

Stanley Muhindo

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