Conflit ICCN – Pêcheurs au lac Édouard : le PNVi appelle à privilégier la voie du dialogue

Les populations du village lacustre de Kyavinyonge, en territoire de Beni, ont manifesté le mardi 19 mai 2026. Elles se désolent du silence de l’autorité compétente, au niveau provincial, face à la souffrance que les habitants endurent à cause des agissements des responsables de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Les responsables du Parc national des Virunga, eux, insistent sur la voie du dialogue pour mettre fin au malentendu. 

Dans une première manifestation réalisée, il y a une semaine, les populations réclamaient la libération des pêcheurs arrêtés arbitrairement par les éco-gardes sur les eaux du lac Édouard et la restitution des pirogues immobilisées à Ishango et à Kahangiro. 

Les populations de cette pêcherie se désolent du fait que les autorités sont restées insouciantes face à toutes ces préoccupations des habitants de Kyavinyonge. C’est pourquoi, ils ne cessent d’appeler les représentants du peuple à tous les niveaux et l’autorité territoriale à prendre en compte les cris de larmes des populations afin de restaurer une paix sociale et économique dans cette partie du territoire de Beni au bord du lac Édouard.

“Nous revendiquons la reconnaissance pleine et entière de notre qualité de paysans-pêcheurs vivant traditionnellement de la pêche artisanale. Oui à la reconnaissance de nos droits fonciers. Nous demandons la reconnaissance et la protection des droits fonciers de la population autochtone du lac Édouard sur les terres et espaces de vie. Nous appelons les organisations de défense des droits humains, les partenaires nationaux et internationaux, les aînés du peuple à prendre en considération les souffrances de la population de Kyavinyonge et ses environs, à intervenir urgemment afin de restaurer la justice, la paix sociale et le respect des droits fondamentaux du paysan. La population de Kyavinyonge et ses environs demeure attachée à la paix, à la cohabitation pacifique et au respect des institutions de la République. Cependant, elle ne saurait continuer à subir des pratiques portant atteinte à sa survie économique, à sa dignité et à ses droits fondamentaux », ont-ils déclaré dans leur mémo. 

Le même mardi, une autre manifestation pour la même cause a eu lieu à Kasindi-Port, une entité du groupement Basongora, toujours en territoire de Beni. Là-bas aussi, les activités de pêche sont suspendues en attendant la réponse de la part des autorités provinciales aux revendications des pêcheurs.   

Le PNVi encourage le dialogue 

Les responsables du Parc national de Virunga (PNVi) demandent aux habitants de la pêcherie de Kyavinyonge de privilégier le dialogue au détriment des manifestations dernièrement organisées contre l’ICCN. La demande a été lancée ce mardi 19 mai 2026 par le directeur des relations extérieures au Parc national de Virunga. 

Méthode Uhoze condamne tout de même les dérapages observés lors des manifestations de ce mardi. Les manifestants se seraient pris à certains particuliers qui n’ont pas adhéré à leur pensée, les accusant de complicité avec l’ICCN. Il exige des enquêtes sérieuses afin d’identifier les vrais auteurs de ces violations de droits de l’homme et qu’ils soient punis conformément aux lois du pays. 

Il croit que cette manière de faire ne va à rien résoudre le problème. Ces habitants doivent revenir au processus amorcé depuis près d’un mois, un dialogue entre les parties prenantes pour trouver une solution durable, insiste Méthode Uhoze. 

“Fort malheureusement, un groupe d’individus a préféré se retirer de ce processus et exprimer ses revendications à travers des manifestations. Nous déplorons vraiment cela, nous pensons que les manifestations ne peuvent pas amener à une résolution durable. La solution durable ne peut provenir que des échanges et du dialogue. Nous recommandons de retourner sur la table des dialogues pour que, comme on a commencé, on puisse clôturer le travail de la recherche des solutions durables à toutes ces questions qui se posent au niveau de la pêcherie”, a-t-il conscientisé.

Répondant aux accusations portées contre l’ICCN, le chargé des relations extérieures au PNVi rassure que c’est pour le bien de la communauté que certaines mesures ont été prises. Plusieurs numéros ont été dupliqués. D’où la nouvelle numérotation en vigueur. 

“Parce qu’on a constaté depuis un moment que les numéros qui étaient inscrits sur les pirogues avec la peinture se faisaient dupliquer et on pouvait retrouver 4-5 pirogues avec un seul numéro. Et le seul moyen de mettre un terme à cette pratique était de prendre le même numéro officiellement reconnu et de l’imprimer sur une plaque métallique, afin d’éviter que tous ces pirates n’arrivent à pirater les numéros. Et ces plaques sont données par l’ICCN gratuitement. C’est pour des raisons de contrôle de l’exploitation des ressources du lac afin qu’elles bénéficient également aux générations à venir”, a-t-il expliqué. 

Ce sont donc ces pirogues avec le même numéro qui avaient été saisies afin de trouver les vrais et les faux numéros. L’ICCN affirme agir dans le strict respect de la loi régissant les aires protégées en RDC. Le comité de pêcheurs individuels de Kyavinyonge a lancé depuis le 14 mai dernier, une série de manifestations après deux jours sans activités pour exiger l’arrivée des autorités provinciales afin de trouver une solution au problème.  

Kakule Kilumbiro et Stanley Muhindo

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