Nord-Kivu / Ebola : avis partagés chez les chauffeurs après la suspension du trafic sur l’axe Butembo-Goma 

Des agences de voyage qui fréquentent la route nationale nᵒ 2, Goma-Butembo, restent sans passagers depuis le matin de ce samedi 23 mai 2026. Cela fait suite à la décision des autorités de l’AFC/M23 qui ont suspendu le trafic des véhicules transportant les personnes pendant cette période de la maladie à virus Ebola. Les chauffeurs rencontrés, racontent les conséquences de cette mesure sur leurs activités. 

Dans les  agences de voyage visitées par RADIOMOTO.NET au cœur de la ville de Butembo, les activités évoluent normalement pour les chauffeurs des axes routiers autres que Butembo-Goma. Cependant, pour ceux qui empruntent  la route Goma-Butembo, le mouvement était au ralenti. Un chauffeur venu de Goma ce matin, témoigne que les éléments du M23 ont multiplié une rigueur des mesures hygiéniques à leurs points de contrôle.

Ce qui est là est que vous puissiez respecter les mesures barrières indiquées par les agents sanitaires. Vous pouvez arriver à la route, prendre un bain de main, prendre du gel et vous pouvez passer sans problème. Vous quittez Goma, vous venez, vous finissez leur entité. Respectez les mesures barrières. Ils n’ont pas encore eu de rigueur sur le port du cache-nez, mais à chaque barrière il y a des tanks d’eau, de l’eau chlorée pour le lavage des mains, il y a des gels, il y a des thermoflashes. Donc vous terminez, vous montrez votre carte d’électeur, votre identité, vous allez vous laver les mains et vous passez”, a-t-il confié. 

Pendant ce temps, les chauffeurs  de l’axe Butembo-Goma étaient assis à leurs agences sans bagages, ni passagers. Ils disent craindre que l’option prise par l’AFC/M23 ait des répercussions sur la vie socio-économique des populations. Reconnaissant la nécessité de se prévenir de la maladie, ces chauffeurs souhaitent que les autorités choisissent une autre mesure de prévention que de suspendre le transport des passagers.

“(I) Nous faisons le taxi appelé Leo-Leo. Maintenant, cette mesure pèse sur notre boulot. La priorité pour nous est qu’on puisse nous permettre de vaquer à nos occupations, parce que nous n’avons que ce boulot. (II) Nous sommes inquiets, si on ne révise pas cette mesure, on ne sait pas comment nous allons vivre. Là, je rentre à Kirumba sans clients.  Mais quand nous les informons que le trafic est suspendu, ils rentrent à la maison. Aujourd’hui, nous recevons seulement les bagages. Quand on a permis seulement les bagages, nous qui utilisons les voitures Leo-Leo, nous n’avons plus de boulot. Et c’est surtout nous qui utilisons l’axe Goma-Butembo. C’est que le trafic revient seulement aux gros véhicules. Et quand on parle du chauffeur et de son aide, dans la voiture, nous n’avons pas d’aide chauffeur. Et la voiture ne transporte pas trop de bagages. Donc là, on ne nous aide à rien. Il fallait seulement prévoir quelques mesures barrières et puis nous laisser le passage”, se sont-ils désolés. 

Suite à ces nouvelles mesures, les véhicules qui partent pour Goma sont contraints de porter plusieurs passagers. Abordé, l’un des passagers qui était à bord d’une voiture où il y avait plus de 5 personnes a indiqué que leur chauffeur a accepté ce nombre malgré l’interdiction.

Nous voulons que nous puissions chaque fois voyager, même moins nombreux, selon le nombre de places qui se trouvent dans la voiture. Par exemple, deux occupent les places de devant, quatre derrière. Mais malheureusement, les propriétaires de voitures ne sont pas compréhensibles”, a-t-il suggéré. 

 Selon le communiqué de l’AFC-M23, la décision ne concerne que le transport des personnes entre les villes de Goma et Butembo par bus et taxis communément appelés « Leo Leo ». Toutefois, pour les véhicules transportant notamment les biens, vivres et non-vivres, seuls le chauffeur et son aide auront accès au libre passage.

Georges Lomba, stagiaire académique

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