Beni : le chef de l’État saisi sur le conflit entre le PNVi et les pêcheurs du lac Édouard
Des mésententes entre les gestionnaires du Parc national des Virunga (PNVi), et pêcheurs des pêcheries de Kyavinyonge et Kasindi-Port, sur le lac Édouard, en territoire de Beni, persistent. Le notable de Beni, Kakule Kyakwa Moise, a saisi le Chef de l’État pour lui faire part de ces différends qui débouchent déjà sur des formes de violences. Il propose également à Félix-Antoine Tshisekedi des pistes de solution afin de sortir la communauté riveraine du lac de cette crise.
Dans sa correspondance au président de la République, Kakule Kyakwa Moise dénonce d’abord des pratiques illégales, violentes et socialement excluantes perpétrées par certains gestionnaires du Parc national des Virunga, les pêcheurs de Kyavinyonge et Kasindi-Port.
À ce niveau, il déclare son regret de constater que les communautés déjà fragilisées par la guerre, les déplacements forcés et l’insécurité permanente soient encore soumises à des actes qu’il qualifie de terreur administrative et économique.
En outre, dénonçant certaines formes de tracasserie liées à l’identification des pirogues, Kakule Kyakwa Moise rappelle que les numéros de pêche attribués aux pêcheurs du lac Édouard l’ont été dans un cadre légal reconnu par les autorités compétentes.
« Ces identifiants constituent des patrimoines socio-économiques actifs appartenant aux familles de pêcheurs et ne peuvent être remplacés ou annulés sous aucun prétexte illégal », interpelle ce notable de Beni.
Pour pallier les différentes irrégularités relatives aux activités de pêche à Kyavinyonge et Kasindi-Port, Kakule Kyakwa Moise recommande au chef de l’État de RDC d’interdire l’imposition des plaques « Virunga » aux pirogues de ces deux pêcheries.
Il faudrait également, selon lui, l’arrêt immédiat de la saisie des pirogues et d’autres matériels de pêche et l’application effective de l’ordonnance-loi nᵒ 20/017 du 27 mars 2020 relative aux activités de pêche. Bien plus, Kakule Kwakwa Moise montre au Chef de l’État la nécessité de l’ouverture des poursuites judiciaires à l’endroit des personnes impliquées dans les violations intentionnelles des textes réglementaires.
Possiblement, l’organisation d’un dialogue communautaire auquel devront participer les gestionnaires du parc et les autorités territoriales de Beni est aussi une solution aux conflits de Kyavinyonge et Kasindi-Port, chute notre source.
Patrick Kalungwana