Face aux tueries des ADF, Butembo se solidarise avec Beni en paralysant ses activités
La ville de Butembo connait une paralysie des activités socio-économiques depuis le matin de ce mercredi 3 juin 2026. La journée ville morte, qui s’est transformée en manifestation de la rue, a été décrétée par les groupes de pression, les mouvements citoyens et les partis politiques de l’opposition qui dénoncent les massacres des civils en répétition par les ADF d’une part, et contestent la révision ou le changement constitutionnel du pays, de l’autre.
Dès les premières heures de ce mercredi, les éléments de l’ordre sont visibles dans certains coins jugés chauds de la ville. Sur la route Mutsanga par exemple, des groupes de jeunes étaient visibles dans la rue pour barricader la route. La police, pour disperser les jeunes en colère, a tiré des coups de balles en l’air et des gaz lacrymogènes.
Aristote Mathe, l’un des militants de la Véranda Mutsanga, indique que par cette manifestation, la population dénonce la recrudescence des massacres et les limites des opérations militaires face à l’ADF.
« Nous sommes dans la rue pour commémorer avec la population massacrée à Beni-ville, précisément à Ngadi. Deuxièmement, nous voulons le départ du commandant-secteur, parce qu’il est incompétent dans les opérations. Et troisièmement, qu’on puisse donner le commandement au gouverneur parce qu’il a été nommé pour l’état de siège et il ne peut pas rester dans les affaires administratives, mais il a été formé pour les opérations », a-t-il justifié.
Du côté de Furu, au nord de Butembo, la situation est relativement calme. Seulement quelques éléments Wazalendo y ont été dépêchés pour parer à toute éventualité.
Un jeune du Parlement Début de Furu (PDF), qui s’est confié à RADIOMOTO.NET, critique négativement la présence de ces Wazalendo, qui, selon lui, devraient être sur les lignes de front pour faire échec à l’ennemi aux côtés des FARDC.
« C’est une désolation totale. Vous êtes ici à Furu, vous voyez des Wazalando qui passent ici, qui fouettent même les gens. C’est une chose à regretter. Les Wazalando ne sont pas un mouvement de gens qui doivent se trouver ici. Les Wazalandos peuvent être là-bas à Beni, peut-être même à Goma pour défendre notre patrie. Mais nous sommes ici à Furu, il y a des Wazalandos, il y a des policiers qui passent ici. Mais on ne comprend pas », s’est-il désolé.
Cette journée ville morte a déjà des répercussions sur les activités socio-économiques. Au centre-ville, les activités sont paralysées. Des habitants regrettent que le gouvernement congolais n’ait jamais trouvé une solution à la situation sécuritaire qui prévaut dans l’Est du pays. Ils s’indignent de l’impact des journées ville morte sur la vie socio-économique.
« (I) Pour cette journée sans activités, je demande aux autorités de l’État de nous aider à nous reconstituer, en ramenant la paix pour que nous soyons stables. Oui, il y a ce qui ne va pas. Parce que vous voyez que les portes sont fermées, il y a les autres qui vont dormir affamés, il y a les enfants qui vont être refoulés dans l’école à cause de l’argent. (II) Nous demandons toujours aux responsables, aux autorités de prendre leurs responsabilités et de tenir compte de certaines propositions. Parce qu’il y a des journaliers parmi nous. Et lorsqu’il y a des villes mortes comme ça, ils ne savent plus comment survivre », se sont-ils plaints.




Jusqu’à la rédaction de ces informations, nous n’avons pas encore eu de nouvelles des services de sécurité sur cette journée. Dans le pays entier, l’opposition refuse la révision ou le changement de la constitution.
Georges Lomba, stagiaire académique