Beni : la psychose demeure à Boikene après la récente attaque ADF

Le transport en commun à Beni (Nord-Kivu) est assuré par les taximen-motos. 13/11/2016. Ph. Radio Okapi/Freddy Lufulwabo

Près d’une semaine après l’attaque attribuée à des présumés rebelles dans le quartier Boikene, en commune de Ruwenzori, dans la ville de Beni, la psychose demeure vive au sein de la population. Ce constat a été fait par RADIOMOTO.NET au cours d’une descente dans ce quartier périphérique de la ville de Beni, lundi 15 juin 2026. Si les activités reprennent timidement pendant la journée, de nombreux habitants continuent de quitter leurs domiciles aux heures vespérales pour des milieux supposés sécurisés.

Sur le terrain, plusieurs déplacés ambulants ont été rencontrés dans les quartiers Kasabinyole, Bado et Bel-Air. Malgré la persistance de la peur, certaines activités socio-économiques ont repris. Les cours et les épreuves d’examen se poursuivent dans les écoles durant la journée. 

Cependant, l’inquiétude reste très présente dans les esprits. Selon Anicet Kagheni, animateur du secteur de Munzambaye, la population n’a pas encore retrouvé sa sérénité après les récentes attaques.

“L’attaque rebelle ici chez nous à Muzambaye, la population vit toujours la peur au ventre. Parce que, d’ailleurs, tout le monde a fui. Et certains qui sont encore là, se déplacent chaque soir. Ils vont vers des milieux supposés sécurisés. Nous demandons au gouvernement de nous venir en aide. Surtout, de ramener la paix pour que la population revienne. Et dans les petits marchés d’ici à Muzambaye, la journée, on peut voir certaines personnes qui vendent ou qui achètent. Mais toutes ces personnes ne sont pas visibles dans le quartier le soir. Et les jeunes font une sorte de patrouille dans le quartier à la recherche de l’ennemi. Mais la peur est encore grande. Nous savons que si le gouvernement y met de la volonté, la paix peut revenir”, a-t-il déclaré. 

Les violences ADF du nord-est de la ville de Beni ont particulièrement touché plusieurs entités situées en paroisse Saint-Gustave de Paida, notamment Ngadi, Munzambaye et Kididiwe. Le bilan fait état de 16 morts au total, dont sept à Ngadi, un à Boikene, trois à Munzambaye et cinq à Kididiwe. À ce lourd bilan s’ajoute également un nombre encore indéterminé de personnes portées disparues.

Esther Vwiravwahali

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