Lubero : l’installation des Wazalendo à Vikindwe depuis près de 2 ans inquiète les habitants
L’installation des wazalendo à Vikindwe depuis environ deux ans est un lourd fardeau qui touche directement la vie socio-sécuritaire voire économique de la population vivant dans cette partie du groupement Ngulo, chefferie de Baswagha en territoire de Lubero. Au cours d’un débat public que Radio Moto Butembo-Beni a organisé le dimanche 26 juillet 2026, les habitants ont craché leur amertume.
Ils ont ouvertement indiqué que l’érection de plus de cinq barrières sur toutes les artères ouvrant Vikindwe à d’autres entités comme Musienene et Ngeleza enclavait davantage leur village.
Ils considèrent d’ailleurs qu’au-delà du rançonnement de la population qui est obligée de débourser 1000 francs congolais à chaque passage, les habitants de Vikindwe vivent dans une prison qui les prive de la liberté de sortir et d’entrer dans leur village.
“Les barrières sont déjà nombreuses. Vikindwe, c’est un petit village, il y a plus de 5 barrières. Vikindwe, Mbirihi, Kakuka, Ndando, partout là, il y a des barrières. Donc nous sommes enfermés ici. Si vous quittez Musienene, vous payez. Si vous passez par Ndando, vous payez toujours. Une autre barrière est près du pont Mususa. Doit-on payer combien de barrières à la fois? Nous avons quel travail, et nous gagnons combien par jour ? », s’est-il interrogé.
Dans tous les cas, les taximen de Vikindwe sentent leur profession être anéantie par les miliciens responsables de ces différentes. L’un, qui s’est exprimé, a fait savoir que toutes leurs recettes journalières sont dépensées sur les barrières de Wazalendo.
Les taximen et d’autres conducteurs d’engins motorisés plaident pour l’annulation de ces barrières ou, à la limite, pour la mise en place d’une seule barrière dans la route principale plutôt que de les placer dans toutes les ouvertures du village.
“Les taximen s’interrogent aussi sur un probable cas de maladie d’un Muzalendo ici à Vikindwe, qui nécessiterait un transfert à Musienene. Ils disent qu’ils ne peuvent pas le transporter ou alors leur chef doit d’abord débourser au moins 10 dollars américains. Je trouve que c’est aussi un problème qui peut nous créer des conflits parce que les jeunes ne sont pas aussi moindres. Parlant d’un cas d’enterrement d’un mort à conduire au cimetière quelque part, où l’on doit traverser une barrière, il suffit de venir après le passage de la dépouille, c’est fini, tu dois payer. Tout ça, c’est un problème. C’est-à-dire que nous sommes dans une sorte de prison, nous souffrons intérieurement en silence », a-t-il fait savoir.
Les habitants de Vikindwe ont affirmé avoir contacté les autorités à différents niveaux jusqu’au gouverneur militaire du Nord-Kivu, d’ailleurs natif de Vikindwe, mais rien ne bouge.
Kilumbiro Jean-Pierre