Goma : faible mobilisation des parents pour la rentrée scolaire 

À Goma, les activités liées à la rentrée scolaire prévue le 1ᵉʳ septembre 2026 à 7 heures 30 minutes restent marquées par une faible mobilisation des parents. Que ce soit dans les écoles pour confirmer ou inscrire leurs enfants, leur présence demeure insignifiante. Pourtant, les établissements ont déjà rouvert leurs portes et les commerçants disposent de tout le nécessaire pour l’éducation des enfants. Mais, selon de nombreux témoignages, les parents traînent les pas faute de moyens financiers.

Au complexe scolaire La Divinité, niveau primaire, situé dans le quartier Majengo en commune de Karisimbi, le directeur Muhindo Kalamo Samuel et son secrétaire affirment attendre les parents depuis le 20 juillet. Le taux d’inscription reste faible, mais le responsable se dit confiant pour les semaines à venir.

Ils nous expliquent qu’ils ont besoin d’amener leurs enfants. Le problème, c’est la question financière. Il n’y a pas de travail. Nos autorités, nous leur demandons de nous aider. Malgré la situation, l’école et les parents, nous allons nous entraider pour voir si les enfants seront dans leur bain parce qu’ils ont besoin de l’éducation”, a-t-il déclaré.

Dans les marchés publics et autres espaces de vente, les fournitures scolaires sont bien visibles. Cependant, la clientèle demeure réduite, comme le confirment plusieurs commerçants rencontrés ce samedi 8 août.

“(I) Le travail évolue lentement. Pour l’instant, il n’y a pas de clients. Si nous installons nos marchandises dès maintenant, c’est pour rappeler aux parents que la rentrée scolaire approche et qu’ils doivent se préparer afin que les enfants retournent à l’école. (II) La vente reste timide. Les parents ont l’habitude d’acheter d’abord les uniformes, puis les cahiers. Malgré la situation difficile, nous leur demandons de venir avec le peu qu’ils possèdent, car il sera impossible de tout acquérir en une seule fois. (III) Les prix des cahiers ont quand même baissé. Une douzaine de 200 pages coûtent 7000 francs congolais, une autre 3500 francs congolais. Trois stylos valent 500 francs et une boîte 5000 francs congolais », ont-ils confié. 

En ville de Goma et dans le territoire voisin de Nyiragongo, les conflits armés continuent de peser lourdement sur le secteur éducatif. De nombreuses familles, fragilisées par l’insécurité, ne parviennent plus à payer les frais scolaires. Cette situation entraîne l’abandon de plusieurs enfants, comme ce fut le cas l’année dernière. 

Dans ce contexte, l’amélioration de la sécurité et de l’économie locale apparaît comme une nécessité urgente pour sauver le système éducatif et permettre à des milliers d’enfants exclus de l’école d’y être réintégrés. 

Ghislain Siwako

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