Butembo : paralysie d’activités au centre-ville sur appel des mouvements citoyens et groupes de pression
Les activités commerciales ont tourné au ralenti au centre-ville de Butembo. À la base, l’appel à la ville morte par les mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo. Presque tout l’avant-midi de ce mardi 11 août 2026, les portes des boutiques, des magasins, des galeries, des banques et maisons de microfinance sont restées fermées. Seules les femmes vendeuses des produits alimentaires ont été visibles le long des rues et avenues. Salama Kaliki, coordonnateur du mouvement « Raiya Simama », a déclaré devant la presse que cette action citoyenne est une interpellation adressée au gouverneur militaire du Nord-Kivu.
Les organisateurs de cette ville morte fustigent, par cette action, l’insouciance du général major Kakule Somo Evariste face à la détresse de la population qui souffre des massacres, des cambriolages et de l’inachèvement des projets de développement, comme l’entretien de la voirie urbaine. Salama Kaliki demande à l’autorité provinciale de prendre en main ses responsabilités comme chef administratif du Nord-Kivu et commandant des opérations Sokola I.
“Nous ne souhaitons pas l’échec du gouverneur. Nous sommes là pour lui rappeler ses responsabilités et la réalité sur le terrain. Parce que si vous voyez les travaux de construction de la voirie urbaine, c’est un échec. Nous le supplions comme notre père et fils du terroir de répondre à nos besoins. Souvent, il nous promet de travailler sur la question, mais il ne fait rien. Au lieu de trouver la solution aux problèmes, il nous arrête. C’est pourquoi nous lui disons que nous ne resterons pas calmes. Nous n’allons pas accepter le calvaire de notre province. S’il ne veut pas nous écouter, nous allons crier encore et encore, jusqu’à ce qu’il libère nos frères, qu’il assume qu’il est gouverneur de l’état de siège. Sa priorité est de chasser l’ennemi, l’ADF. Chaque jour, la population est en train d’alerter que l’ADF circule librement, mais rien n’est fait », a-t-il expliqué.
Les organisateurs de la ville morte de ce mardi 11 août 2026 indiquent qu’ils n’ont plus confiance à la cellule d’experts du gouverneur choisis parmi les mouvements citoyens et groupes de pression. Salama Kaliki considère les animateurs de cette cellule comme « les garçons de course » au service du gouverneur. Il rappelle que les actions citoyennes continueront jusqu’au jour où l’autorité provinciale trouvera solution aux multiples difficultés de la population.
“Les experts que le gouverneur a choisis pour l’informer des besoins de la population se comportent comme des garçons de course du gouverneur. Ils ont déjà oublié que leur mission est de prendre les besoins de la population, de les présenter au gouverneur. Normalement, lorsque nous avons décrété cette journée, ils devraient venir nous voir pour comprendre notre motivation et nous leur répondons. Mais eux aussi se sont déjà écartés de groupes de pression. Ils ont oublié qu’ils sont venus de groupes de pression. Donc, si le gouverneur ne veut pas libérer Clovis Mutsuva et les autres, nous organiserons d’autres manifestations plus grandes que celle-ci », a-t-il déploré.
Il sied de signaler qu’au même moment, les mouvements citoyens et groupes de pression réclament la libération de Clovis Mutsuva, Assa Mahamba et une enquête sérieuse sur la profanation de la tombe de Delcat Idengo en ville de Beni, la nuit du dimanche 9 au lundi 10 août 2026.
Jean-Pierre Kilumbiro