Butembo : des incursions armées de plus en plus inquiétantes au quartier Congo ya Sika
Les incursions nocturnes des hommes armés au quartier Congo ya Sika en ville de Butembo préoccupent au plus haut niveau l’autorité de base dans cette partie de la commune de Vulamba. Pascal Mazinge, chef de quartier, que RADIOMOTO.NET a rencontré ce mardi 18 août 2026, fait savoir que la situation devient de plus en plus inquiétante.
Il note que les autorités de base sont dans la confusion pour détecter celui qui est autorisé à porter une arme à feu et qui ne l’est pas. Pour le chef de quartier Congo ya Sika, il est pour le moment difficile de distinguer un agent de l’ordre et un bandit depuis l’avènement des Wazalendu. C’est pourquoi les incursions d’hommes armés se multiplient sous les yeux des autorités, indique-t-il.
“Le mode opératoire de ces gens, c’est de dire : nous sommes de Wazalendo, on vient chercher notre arme, il y a quelqu’un qui vient d’entrer dans cette parcelle avec l’arme. Et c’est comme ça qu’ils vont pénétrer dans la maison, ils vont opérer avec toute la quiétude, parce qu’ils sont venus avec le nom de Wazalendo et dans la population, on sait que ce sont les gens qui gardent les gens. Mais pratiquement aujourd’hui, on ne sait plus distinguer un voleur à main armée, un bandit, un militaire égaré, un Muzalendo égaré, parce que tout le monde a la possession de l’arme. Il n’y a pas de tenue officielle. Les Wazalendos portent n’importe quelle tenue, les FARDC ont leur tenue. Mais vous pouvez passer avec un bandit qui est en train d’opérer, mais tu vas croire que c’est un Muzalendo, c’est un militaire. Nous sommes dans une confusion totale”, a-t-il regretté.
Pour assurer la sécurité, le chef de quartier Congo ya Sika appelle à la vigilance de la population. Il trouve qu’aucun bandit ne peut opérer sans l’appui des autochtones. C’est pourquoi Pascal Mazinge demande aux habitants de renouer avec le système de tapage des bidons et de création de tout autre bruit en cas d’incursion des bandits chez le voisin.
“C’est dans ce sens-là que j’appelle la population. Quand elle entend quelque part qu’il y a des bruits, essayez un peu de sauver votre voisin. Il ne faut pas fermer la porte, mettre des tablettes, de quoi sur la porte, parce que toi aussi ça peut rater aujourd’hui, mais ça peut venir demain. Par rapport aux tenanciers des Nganda, on ne peut jamais voir un bandit qui vient de Mukuna, qui vient de Katwa, venir opérer à Congo ya Sika sans qu’il n’y ait pas un éclaireur. Il doit avoir toujours l’enfant du terrain, qui va servir à guider l’équipe. Il faut être vigilant. Donc la population, elle est la première à nous aider pour chercher des moyens à défendre cette situation qui nous attend d’être traversée au quartier Congo ya Sika », a-t-il sensibilisé.
Il convient de noter que les bandits ont opéré la nuit du samedi 15 au dimanche 16 août 2026 dans les cellules Kitatumba, Kyangike, Kikwanga, Katovovo et Kyanzike. Ici, plusieurs biens de valeur ont été emportés par ces opérants nocturnes dans les maisons visitées.
Kakule Kilumbiro