Oicha : un militaire condamné à mort pour violation des consignes et dissipation de munitions de guerre
Un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a été condamné à la peine de mort, le mardi 18 août 2026, dans la ville d’Oicha. Il a été reconnu coupable de violation de consignes et de dissipation de munitions de guerre. Le verdict a été rendu au rond-point central de la ville, à l’issue d’une audience publique suivie par plusieurs habitants.
Le tribunal militaire de garnison de Beni a retenu les deux infractions mises à la charge du prévenu. Il a prononcé la peine de mort pour violation de consignes et dix ans de servitude pénale principale pour dissipation de munitions de guerre.
“A la question de savoir s’il peut déclarer le prévenu coupable des infractions de dissipation de munitions de guerre et de violation des consignes mises à sa charge, le tribunal militaire de garnison de Beni répond par oui pour toutes les deux infractions. Par conséquent, le condamne à la peine de mort pour violation des consignes et à 10 ans de servitude pénale principale pour dissipation des munitions de guerre. Faisant application de l’article 7 du Code pénal congolais, prononce la peine la plus forte : celle de la peine de mort; confirme sa sa détention”, a déclaré le tribunal militaire de garnison de Beni.
Cette condamnation intervient après les tirs qui avaient retenti dans la nuit de lundi à mardi dans le quartier Nzanza, à Oïcha. Ces crépitements avaient provoqué la panique parmi les habitants qui pensaient à une incursion rebelle. Pour Darius Syahira, rapporteur de la société civile urbaine d’Oïcha, cette décision constitue un avertissement pour tous les militaires incontrôlés qui inquiètent la population.
“C’est d’abord un sentiment de satisfaction que nous éprouvons pour l’instant parce que nous ne cessions de rappeler à la hiérarchie dans le cadre de la justice qu’elle doit rapprocher la justice du justiciable. Heureusement, ça a été le cas. Une lourde peine a été prononcée. Ça devrait déjà servir de leçon pour tous ceux qui s’aventuraient à crépiter, à dissiper les munitions de l’État congolais. C’est un signal fort pour tous ces officiers qui ne font pas bien leur travail”, a-t-il salué.
L’audience s’est tenue publiquement au grand rond-point d’Oïcha, en présence de plusieurs habitants, dans un contexte marqué par la montée des cas de banditisme urbain dans la ville. Le caporal Epukapuka Mitego, alias Petit Papa, de la 32ᵉ brigade, qui ne fait désormais plus partie de l’armée, a été sommé de remettre son arme aux autorités judiciaires.
Samy Kitha