Ituri : privés d’école, des centaines d’enfants basculent dans les mines et les groupes armés

Des centaines d’enfants sont privés de leur droit à l’éducation dans le groupement des Babila-Bakaeku, en chefferie des Babila-Babombi, avec comme conséquences l’exposition de certains jeunes à l’exploitation minière et à des groupes armés. La situation est due à l’insécurité persistante qui sévit dans cette partie du territoire de Mambasa.

Grâce Kakine, défenseur des droits humains dans la région qui alerte ce vendredi 11 septembre 2026, indique que depuis deux ans, les salles de classe restent désaffectées.

Selon lui, les cours n’ont pas repris depuis le début de l’année scolaire 2024-2025 dans les villages de Baputepe, Bapwakina et Bandimukumu, en raison de l’insécurité. Cette situation prive les enfants de ces villages d’accès à l’enseignement et les expose à plusieurs risques.

Grâce Kakine affirme que certains enfants en âge scolaire seraient progressivement attirés par les groupes armés, tandis que d’autres se tournent vers l’exploitation artisanale de l’or dans les carrés miniers de ce groupement.

Pour cet acteur des droits humains, la prolongation de cette interruption des activités scolaires constitue une menace pour l’avenir des enfants et appelle les autorités à prendre au sérieux cette situation.

Il plaide notamment pour le rétablissement de la sécurité dans le groupement Bakaeku afin de permettre aux enseignants et aux élèves de regagner les établissements scolaires et de reprendre normalement les activités pédagogiques.

« Avec l’insécurité qui s’observe dans la chefferie des Babila-Babombi, nous venons de totaliser plus de deux ans tant que les activités scolaires ne fonctionnent pas dans plusieurs villages du groupement Bakaïko, en chefferie de Babila-Babombi. Voilà que nous avons débuté une autre année scolaire, mais jusqu’à présent, il n’y a pas eu la reprise des activités scolaires dans plusieurs villages du groupement Bakaïko. Selon notre équipe de monitoring, d’autres enfants commencent même à adhérer à des groupes armés locaux et d’autres commencent même à aller creuser de l’or. Ça, c’est un danger. Nous appelons les autorités à s’impliquer pour sauver les enfants en éducation sur toute l’étendue du groupement Bakaïko, en chefferie des Babila-Babombi et dans le territoire de Mambasa », a-t-il plaidé.  

Depuis plusieurs années, le territoire de Mambasa fait face à l’activisme des groupes armés notamment les ADF qui sèment terreur et désolation dans cette partie de la province de l’Ituri.

Jonas Aristote Sabuni

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