Butembo: le Parlement d’enfants mobilise familles, églises et écoles pour briser le tabou sur la santé sexuelle
La Santé sexuelle et reproductive (SSR) n’est pas une affaire de projet ou d’organisation, c’est un enjeu de développement et du quotidien. C’est le message fort lancé par le Parlement d’enfants (PARDE), zone Est de la RDC. C’était à l’issue d’un atelier de 4 jours qui a réuni, dans la salle polyvalente de la CDJP à l’Évêché, les acteurs communautaires, ainsi que les structures de jeunes et de femmes. Les échanges de cette session quadriduum se sont conclus, jeudi 17 septembre 2026.
Pour le Parlement d’enfants et tous les participants, la protection des jeunes contre les Infections sexuellement transmissibles (IST), les grossesses précoces et non désirées et autres problèmes liés à la SSR doit interpeller tout le monde. Familles, parents, églises, écoles et groupes de jeunes sont appelés à instaurer des moments d’éducation sur le sujet, a notamment sensibilisé Reagan Bangaghe, un des animateurs du Parlement d’Enfant, zone Est.
« L’éducation sur la santé sexuelle et reproductive aujourd’hui, c’est un enjeu du développement de la société qui est dans le quotidien des adolescents et des jeunes. Dans chaque famille, on doit avoir une session ou des moments d’éducation des enfants sur la santé sexuelle et reproductive dans les églises, dans les écoles et dans d’autres groupes de jeunes, partout où on peut trouver les adolescents et les jeunes. Nous pensons qu’il est urgent et important de leur fournir une éducation de manière claire et leur fournir des informations fiables pour qu’ils soient en mesure de se protéger contre les infections et maladies sexuellement transmissibles, les grossesses précoces et non désirées, le mariage précoce et d’autres problèmes auxquels les jeunes et les adolescents sont confrontés aujourd’hui dans notre société », a-t-il démontré.
La session a été une occasion pour « One girl, One leader (OGOL) », une structure de promotion de l’enfance et de l’environnement, de mobiliser la femme, en tant qu’éducatrice de la Nation, à éduquer sur la santé sexuelle et reproductive.
« Et si chaque femme, jeune fille, chaque maman, chaque personne de sexe féminin s’engageait dans l’éducation sur la santé sexuelle et reproductive d’une bonne manière, notre communauté sera sauvée. Parce que personne n’est venue de nulle part, nous venons tous de familles dans lesquelles il y a toujours une maman qui nous a donné la vie et si celle si s’investit dans l’éducation surtout autour de la santé sexuelle et reproductive les choses vont changer », a conscientisé Ruth Kavira Bangaghe, membre de OGOL.
Cet appel intervient dans le cadre de l’évaluation de la mise en œuvre de la charte sociale pour la promotion de la santé sexuelle et reproductive. Pour rappel, en 2024, les organisations de la société civile, notamment les structures de jeunes et de femmes, s’étaient engagées à contribuer à sa mise en œuvre. Deux ans après, le constat est encourageant : plusieurs organisations ont effectivement intégré l’éducation des adolescents et des jeunes sur la SSR dans leurs activités de routine.
Au-delà du bilan, ces quatre jours ont également servi au renforcement des capacités des animateurs des organisations afin qu’ils disposent d’informations fiables à partager au sein de leurs communautés. Les échanges ont aussi mis en lumière les défis qui persistent.
Certaines normes et perceptions sociales restent défavorables et le sujet demeure tabou pour une partie de la population, ce qui rend difficile l’atteinte de toutes les couches sociales, ont fait constater les participants. Pour la suite, les participants se sont engagés à mettre en œuvre les engagements renouvelés. Alors que le projet Tuma+ arrive à son terme en mars 2027, l’enjeu est désormais la pérennisation des acquis par la communauté elle-même.
Pour assurer le suivi, un comité de suivi a été installé. Constitué de structures de jeunes de la ville, il aura pour mission d’accompagner et de suivre les engagements pris par chaque organisation.
Patrick Kalungwana