Butembo-Beni : Mgr Sikuli appelle à un dialogue inclusif et sans tabous en RDC

L’évêque de Butembo-Beni a donné son point de vue sur le dialogue inclusif annoncé en République démocratique du Congo. L’Ordinaire du lieu souhaite que ce grand rendez-vous entre Congolais soit un moment de parler sans tabou de tout ce qui ronge le pays. Il s’est exprimé le dimanche 20 septembre 2026 au cours d’un entretien avec la presse, à l’occasion de la célébration de la journée nationale de la Justice et Paix.

Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech voudrait que les Congolais s’interrogent sur un certain nombre de questions liées à la paix et au développement du pays. C’est à ce niveau que l’évêque de Butembo-Beni demande à ceux qui participeront à ce dialogue de laisser de côté leurs différences politiques, tribales et territoriales.

« Comme on parle d’un dialogue qui devrait être inclusif, on va vers là. Il faudrait que dans ce dialogue, c’est vrai qu’on a besoin d’inclusivité, mais moi, je souhaite d’abord que ce soient les Congolais eux-mêmes qui puissent parler entre eux, dire ce qui ne va pas, qu’est-ce qui nous fait manquer la paix, le développement, la liberté dans notre pays, pourquoi nous sommes occupés, pourquoi on nous tue, pourquoi… Et que tout cela, on ne parle pas comme si on était d’abord de l’opposition, on est de la majorité. Ce n’est pas un problème, parce que nous avons tous besoin de ces grandes valeurs. Qu’on soit dans un pays libre, un pays où règne la paix, un pays où les citoyens contribuent à leur propre développement. Si nous sommes tous Congolais, je crois que c’est cela, qu’on doit aller à ce dialogue inclusif, en laissant de côté toute espèce d’apartheid. On est d’abord Congolais et que nous, les Congolais, soyons les premiers à faire la paix, le développement, la justice », a souhaité Monseigneur Sikuli Paluku.

Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech n’est pas convaincu que la paix en République démocratique du Congo viendra des accords signés ici et là avec les pays étrangers. Sans citer l’accord signé entre la RDC et les USA, le père évêque croit que seuls les citoyens congolais peuvent décider de leur destin commun.

« Chez nous, ce n’est pas nécessaire qu’on fasse, je ne sais pas… ce n’est pas Trump qui va nous… Aujourd’hui, qu’est-ce qu’il fait pour nous ? Nous sommes ici. On nous tue, on nous occupe. Il faut que nous, les Congolais, nous soyons les premiers à parler de nos problèmes et à chercher à les résoudre », a-t-il suggéré.

Il est à rappeler que depuis peu, le président de la République a lancé le processus d’un dialogue inclusif qui sera tenu en RDC en vue de trouver une solution durable à la crise sociopolitique et sécuritaire au pays.    

Kilumbiro Jean-Pierre

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