Butembo – Défense à l’UOR : l’impétrant Boxifish’angi Baraka démontre la nécessité de réglementer la dot en RDC
La seconde session des soutenances publiques des mémoires et des projets tutorés a eu lieu ce jeudi 24 septembre 2026 à l’Université officielle de Ruwenzori (UOR). Les activités se sont déroulées au site de Rughenda. Parmi les travaux défendus, celui de Boxifish’angi Baraka, chercheur en sciences juridiques, politiques et administratives, a particulièrement retenu l’attention de RADIOMOTO.NET.
Son sujet est intitulé : « La réglementation de la dot : une nécessité en RDC ». Lors de la présentation de ses résultats, l’impétrant est parti d’un constat : aujourd’hui, la dot est fixée selon le gré de la famille de la future épouse. Malheureusement, déplore-t-il, de nombreuses familles mettent en avant le lucre. Conséquence : les filles sont mises en jachère, la coutume est dénaturée et de nombreux jeunes sont freinés dans leur volonté de s’engager dans le mariage.
Dans son analyse, le récipiendaire a constaté la non-réglementation effective de la dot en RDC, malgré les dispositions prévues par le Code de la famille. Comme piste de solution, Boxifish’angi Baraka propose une loi qui insite sur le fait de privilégier la dot en biens en nature.
Pour la culture « Nande », par exemple, il propose une dot comprise entre 10 et 15 chèvres, selon la convention entre les deux familles. Dans le cas où l’une des familles insiste pour que la dot soit versée en argent, l’impétrant propose un montant compris entre un million et un million cinq cent mille francs congolais, soit entre 430 et 650 dollars américains au taux du jour.
Parlant des raisons d’encourager la dot en chèvres, le chercheur estime que cela permettrait aux familles de relancer l’élevage et ainsi d’aider les nouveaux mariés à avoir une base économique pour commencer leur foyer. Il appelle ainsi les parents à revoir leur façon de percevoir la dot pour que celle-ci garde son sens premier, celui d’alliance entre deux familles et non de commerce.
« Vous savez, lorsqu’il y a un montant excessif de la dot, ça pousse à ce que l’homme se croie supérieur à la femme et la femme sera toujours conduite dans la position de domination. Mais lorsqu’on peut revoir cette tendance-là de dire non, la dot n’est pas un prix, la dot, c’est juste un cadeau affirmant le respect et la solidarité à la famille de votre futur épouse. Vous savez, la coutume a déjà tranché et nous savons tous que si une famille se prépare pour verser une dot nécessairement, la famille doit entendre cette famille qui doit recevoir la dot. La dot, ça serait normalement l’affaire des parties, soit l’époux et l’épouse. C’est eux qui devraient se convenir, dire non, vraiment, nous voulons cohabiter ensemble. C’est pourquoi aujourd’hui, vous allez voir, autant des jeunes sont en train de s’engager librement, soit ils sont en train d’engrosser parce qu’épouser, c’est un casse-tête. C’est pourquoi nous appelons au moins les parents à observer leurs enfants, surtout les enfants aussi à faire de bons choix, afin qu’ils puissent accéder au bon mari, à aider davantage leurs parents », a-t-il conscientisé.
La proposition de loi sur la dot élaborée par Boxifish’angi Baraka est déjà disponible à la bibliothèque de l’Université Officielle de Ruwenzori.
Ce chercheur en sciences juridiques, qui est aussi Président du Parlement des Jeunes de Butembo, reste ouvert à toute contribution pouvant enrichir ce travail scientifique avant sa vulgarisation.
Joëlle Mwengevalwahi