Lubero : le chef de groupement Mwenye appelle au retour des habitants tout en restant « absent » de l’entité !
L’absence des chefs coutumiers et administratifs dans leurs fiefs inquiète au plus haut niveau les habitants vivant dans les groupements et chefferies en proie à l’insécurité. Ils sont nombreux, des chefs de chefferie et de groupement qui ont établi leurs résidences dans les centres urbains comme Butembo et Beni. Ils arrivent dans leurs entités comme des visiteurs.
Cette attitude a été dénoncée par les habitants du groupement Mwenye en réaction aux propos du Mwami Manyenze Mungulumba III appelant les déplacés habitants de Mwenye à rentrer dans leurs villages. Le président de la société civile de cette entité de la chefferie de Baswagha ne comprend pas comment les chefs coutumiers veulent diriger leurs entités au téléphone.
Kambale Mutano Jérémie a fait savoir que l’absence des chefs coutumiers dans leurs fiefs pousse les déplacés à ne pas regagner leurs bercails. Il estime que si la sécurité était déjà rétablie, leurs dirigeants rentreraient déjà au chef-lieu de leur groupement ou chefferie.
« Les habitants peuvent revenir à la bercaille si les autorités reviennent comme nous venons de voir Mgr Melchisédech venir ici. Ça, c’est un bon signe. Si les autres peuvent venir, les habitants suivront parce qu’ils verront déjà leurs autorités. Nous avons un sérieux problème à partir du chef du groupement jusqu’au chef de localité. Ils ont tous enregistré trois ans d’absence dans le groupement. Nous sommes comme des orphelins. Nous ne savons pas qui peut nous protéger. C’est pourquoi nous avons peur. S’il y a une urgence, nous nous sommes déjà organisés localement pour parer à toute éventualité parce que nous n’avons personne à nos côtés. Les routes sont délabrées à cause de l’insécurité. C’est pourquoi nous demandons aux autorités de revenir puisqu’il y a beaucoup à faire », a-t-il plaidé.
Pour rappel, le groupement de Mwenye du territoire de Lubero a été secoué par des attaques présumées des ADF dans les villages Musenge, Mavwe-Mavwe et Mausa en début de 2026. Les massacres des civils et l’incendie des maisons ont caractérisé ces attaques.
Jean-Pierre Kilumbiro