RDC : Me Kule Tata propose des stratégies non-violentes contre le terrorisme et la criminalité urbaine

Lutte contre le terrorisme et la criminalité urbaine. Maître Kule Tata, défenseur des droits humains, propose quelques stratégies non violentes aux décideurs et à l’autorité provinciale. Au cours d’une interview téléphonique accordée à RADIOMOTO.NET ce lundi 28 septembre 2026, Maître Kule Tata trouve que combattre les hommes de l’ADF dans les forêts avec les armes légères et lourdes n’est pas efficace sans rechercher leurs collaborateurs, facilitateurs et financiers vivant dans les centres urbains.

C’est pourquoi, dans un premier temps, ce défenseur des droits humains propose au gouverneur de province d’organiser une campagne de dénonciation avec gratification pour dénicher les vrais ADF vivant dans la communauté et même dans les institutions.

« C’est lui qui va apporter telle information. Si nous la vérifions, nous trouvons qu’elle est vraie, il aura 1000$ par exemple. Eh bien, parmi nous, nous avons beaucoup de gens, parce que nous avons beaucoup de gens qui sont fréquentés par les malfrancs. Les vendeurs de chèvres, les gens qui vendent de la boisson par exemple. Et les femmes libres là, qui circulent les nuits et qui tiennent des maquis, ou des petites maisonnettes de tolérance, où les bandits viennent se cacher. Tous ces gens-là ont des renseignements. Mais des renseignements auxquels on ne peut pas accéder si on ne met pas l’argent en jeu. Nous devons savoir que nous sommes dans la société et parmi nous, il y a des gens qui collaborent sans doute avec l’ennemi. L’ennemi ne peut pas venir dans une ville sans avoir quelqu’un avec qui il collabore là-bas », a-t-il proposé.  

En second lieu, Kule Tata propose aux autorités, à tous les niveaux, d’installer des boîtes à suggestion où les habitants peuvent déposer des lettres de dénonciation des collaborateurs des faiseurs de troubles. Pour cette stratégie, Maitre Kule Tata demande un certain esprit de discernement et d’enquête aux services de sécurité parce que, dit-il, des inconnus peuvent calomnier leurs proches pour des faits ne relevant pas de la sécurité du pays.

« Je donne l’exemple. Lorsqu’on prétend que quelqu’un c’est un grand fournisseur par exemple de l’ennemi, on peut mettre derrière lui quelqu’un pour le filer, on fait de la filature. On le suit de loin, on voit ses mouvements. Quand il voyage, on met quelqu’un qui va voyager ensemble avec lui sans qu’il ne sache que celui-là était un agent secret. Il peut aller dans un hôtel et l’autre aussi va loger dans le même hôtel. Ainsi de suite. C’est une façon de vérifier si réellement la personne collabore avec des mauvais gens. Et à bout de deux semaines, un mois, on sera déjà fixé, on saura si les informations qu’on a reçues dans la boîte à lettres, les informations qui sont vraies ou elles sont fausses. Donc voilà les deux stratégies que je propose à l’autorité pour consolider la paix chez nous », a-t-il renchéri. 

C’est depuis environ 10 ans que les provinces du Nord-Kivu et Ituri sont instables suite à l’activisme des ADF-Nalu qui tuent, brulent, kidnappent et pillent tout à leur passage.      

Jean-Pierre Kilumbiro

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