Butembo : la société civile dénonce l’irresponsabilité de l’État face au manque de registres d’état civil au Grand Nord

La société civile forces vives de la ville de Butembo qualifie d’irresponsable étatique, l’absence des registres des naissances dans le Grand Nord du Nord-Kivu. Par le biais du responsable du groupe thématique Droits de l’homme des forces vives locales, Maître Muhindo Wasivinywa, la structure exige l’implication de tous, y compris les élus, afin que les enfants recouvrent leurs droits.

C’est depuis janvier 2026 que les bureaux de l’état civil de plusieurs entités de la partie nord de la province du Nord-Kivu ne disposent pas de registres de naissance. Depuis tout ce temps, à la mairie comme dans les communes et d’autres entités, il se fait la déclaration par procuration.

Selon Nzuva Kihanda Jean-Bosco, préposé de l’état civil à la mairie de Butembo, les responsables de l’état civil dont dépend l’état civil et le ministère de la Justice se sont convenus d’enregistrer les enfants dans des cahiers, en attendant l’arrivée des actes de naissance.    

« À Beni, comme ici à Butembo, maintenant, on déclare par procuration. Donc on retient l’identité des enfants. Une fois que les registres seront disponibles, on appelle les parents, ils passent au bureau, comme nous sommes restés avec leur numéro de téléphone, où on pourra déclarer officiellement que les registres sont déjà disponibles au bureau de l’état civil et on invite les parents à passer directement à récupérer les actes des enfants sans jugement supplétif parce qu’on pourra considérer les mêmes dates. Nous nous sommes déjà mis ensemble avec la justice et l’intérieur. Ensemble, nous avons déjà arrêté cette mesure pour faciliter aux enfants d’avoir les actes de naissance », a-t-il expliqué. 

Pour sa part, Maître Muhindo Wasivinywa du groupe thématique « droits de l’homme » au sein de la coordination urbaine de la société civile forces vives de Butembo, parle d’une irresponsabilité de la part du gouvernement.

Rappelant le droit de chaque enfant à disposer de ce document, il parle d’une question prioritaire qui nécessite une réponse dans l’urgence. Il appelle les forces vives de la région et les acteurs politiques à accentuer le plaidoyer pour décanter cette situation qui préjudicie les enfants.

« Quand on peut faire plus de neuf mois sans que ces actes soient dans la ville, c’est une irresponsabilité de l’État, permettez-moi de le dire ainsi. Au niveau de la société civile où certaines organisations qui défendent les droits des enfants, on y fait des plaidoyer auprès des autorités provinciales. Nous regrettons comment ces plaidoyers n’ont pas produit. Nous aurions voulu, comme nous l’avons toujours dit, nous la société civile et les autres partenaires. Je pouvais parler des élus du peuple, s’ils pouvaient bousculer, nous pensons que c’est parmi les questions majeures auxquelles ils pouvaient trouver une solution le plus tôt possible, puisqu’on se dit qu’imprimer des registres qui pourraient contenir des actes de naissance, ça ne peut rien coûter à toute une République qui a tant de moyens », a-t-il déploré.

Malgré la situation, les parents sont invités à présenter leurs enfants à l’état civil dans le délai afin d’échapper aux conséquences légales. 

Stanley Muhindo

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