Recensement en RDC : les forces vives du Nord et du Sud-Kivu non favorables
La société civile du Nord et du Sud-Kivu s’oppose au recensement de la population annoncé par le gouvernement congolais. Dans une déclaration faite à Goma et citée par RFI, notre source, les forces vives de deux provinces estiment que ce recensement, s’il était opéré avant la fin de la guerre, rendrait apatrides les populations vivant dans les zones contrôlées par l’AFC-M23 ainsi que les réfugiés présents dans les pays voisins de la RDC.
Micky Mutiki Kilumba, président du cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu, ne voit pas du tout l’opportunité de cette opération de recensement. Il pense que la meilleure solution aujourd’hui, c’est le dialogue global afin d’aboutir à des consensus de gouvernance, dont le recensement.
« On ne comprend pas la logique d’intervention de notre gouvernement. D’abord c’était changer la constitution, après c’était le référendum, aujourd’hui c’est le recensement sans une partie de la population. Nous craignons que certains de nos compatriotes soient des apatrides. D’abord les déplacés et réfugiés, comment on va faire pour les recenser en pleine guerre ? Comment on va faire pendant que ça cloche à Minembwe et à Point Zéro ? Comment on va faire pour que la population de là soit aussi recensée ? Comment on va faire ? À Goma, à Bukavu, on vient nous recenser, avec les agents qui viendront de Kinshasa. La meilleure solution aujourd’hui, c’est le dialogue global. Ce sont des consensus de gouvernance que nous voulons. C’est dans tous ces packages-là qu’on pourra maintenant aligner le recensement. « Vous ne pouvez pas exclure des millions d’habitants qui sont dans la zone sous l’AFC-M23 », interpelle-t-il.
Il n’y a pas longtemps, le gouvernement a lancé depuis le 28 septembre dernier le recensement général de la population congolaise. L’opération va commencer dans la capitale, Kinshasa, avant de s’étendre sur d’autres provinces de l’intérieur du pays.
Le gouvernement annonçait le déploiement des équipes. La première phase consistera à repérer et géolocaliser les bâtiments, les ménages et les infrastructures pour préparer les zones de dénombrement. Le comptage effectif de la population sur l’ensemble du territoire est prévu à partir de juillet 2027, avec une fin des opérations estimée pour la fin de l’année 2027.
Un financement de près de 200 millions de dollars a été rendu disponible par l’UNFPA et la Banque mondiale en soutien au gouvernement congolais.
Stanley Muhindo