Beni : quand la DYFEGOU et le gouvernement provincial veulent faire des survivantes des massacres des actrices de développement
La victime ne doit pas rester une victime éternelle. C’est en ces termes que le commissaire supérieur Mokili Mungwakonkwa Matabishi, assistant au cabinet du gouverneur militaire en charge de la sécurité, ordre public et gouvernance, a résumé l’esprit de la réunion tenue ce samedi 10 octobre 2026 à Beni.
Pour lui, l’initiative de la Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance, DYFEGOU, vient directement appuyer le gouvernement provincial dans la mise en œuvre du plan provincial intégré de lutte contre le terrorisme ADF, notamment dans son pilier stabilisation.
« La DYFEGOU est venue en appui au gouvernement provincial. Elle s’associe au pilier stabilisation avec un point spécifique axé sur les survivants et survivantes des crimes graves. La bonne innovation aujourd’hui, c’est que nous croyons que la victime ne doit pas rester une victime éternelle. À un moment donné, nous devons initier des activités pour sa revalorisation, pour sa réintégration au sein de la communauté. La logique était de définir des stratégies pour faire de la victime une actrice importante du développement de notre pays », a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : « Nous demandons à tous les partenaires d’approcher la DYFEGOU afin de partager cette stratégie qui est une bonne innovation et qui pourra éviter de traumatiser davantage les victimes que nous avons en grand nombre dans nos communautés »
Cette réunion de plaidoyer et d’identification des mécanismes d’accompagnement des survivants et survivantes des massacres attribués aux ADF et autres crimes graves s’est tenue dans l’une des salles de conférence de l’Hôtel Okapi Palace, en ville de Beni. Elle a réuni la DYFEGOU, une délégation des survivantes et le gouvernement provincial du Nord-Kivu.
Au sortir de la salle, la coordinatrice de la DYFEGOU, Madame Kahambu Tuombeane Rose, a expliqué que l’objectif était de construire un mécanisme coordonné basé sur les besoins réels et individuels des survivants, et non sur des besoins collectifs.

« Aujourd’hui, nous avons organisé une réunion entre acteurs, y compris une délégation des survivantes, pour qu’à partir de leurs expériences et de celles des différents acteurs, y compris le gouvernement provincial comme acteur clé, nous puissions construire un mécanisme coordonné et basé sur les vrais besoins individuels. Nous avons demandé aux acteurs de travailler ensemble pour qu’aucune victime, aucune survivante, ne soit laissée de côté », a-t-elle fait savoir.
Elle estime que l’objectif a été atteint : « Sous la coordination du gouvernement provincial, nous venons de nous dire que désormais, nous devons repenser nos stratégies, nos mécanismes, à partir même de l’approche de travail, parce qu’il n’y a pas une approche qui soit divine. Toutes les approches peuvent être adaptées à chaque province selon les besoins. »
Par cette action, la DYFEGOU entend contribuer à redéfinir ses stratégies d’accompagnement pour aboutir à de meilleurs résultats. Rappelons que la DYFEGOU est une organisation féminine active dans la promotion de la paix, la documentation des violences, l’accompagnement psychosocial et la réinsertion économique des victimes, ainsi que dans la promotion des personnes vulnérables et de la bonne gouvernance.
Patrick Kalungwana