Butembo : les activités affectées par la journée ville morte dans certains coins de la ville ce jeudi
Les activités socio-économiques ont tourné au ralenti dans la ville de Butembo ce jeudi 15 octobre 2026. Cela fait suite à l’appel des mouvements citoyens et groupes de pression qui ont appelé la population à observer une journée ville morte pour dénoncer les massacres des civils par les ADF et la guerre d’occupation de M23. Cette même journée s’inscrit également dans le cadre du triste anniversaire des massacres dans la zone de Beni.
Dans les premières heures de ce jeudi, les agrégats des jeunes ont été visibles dans certains coins chauds de la ville. Dans la partie Nord comme dans la partie Nord-Est, il y a eu des barricades et des pneus brûlés sur les rues et avenues.

À Furu et sur la route Mutsanga, la coalition des éléments des FARDC et de la police s’est rendue sur les lieux pour disperser des jeunes qui tentaient de troubler l’ordre public. C’est dans ce contexte qu’il y eut quelques crépitements des balles.
Certaines sources contactées sur le terrain signalent l’interpellation de certains manifestants par les éléments de l’ordre. Par ailleurs, RADIOMOTO.NET a, au cours de la ronde constaté que des portes de certaines boutiques et magasins étaient fermées à Furu, sur la route Mutsanga et au centre commercial de Butembo.

Abordé, Aristote Mathe, militant de la Véranda Mutsanga, l’un des mouvements organisateurs de cette journée, est revenu sur l’objectif de cette action, celui de faire attendre les alertes de la population victime de la guerre. Ce militant accuse les autorités provinciales de ne plus écouter les cris d’alarme des populations civiles.
« Vous connaissez notre mode opératoire. En tant qu’activistes, nous avons échangé plusieurs fois avec le REDOC au niveau provincial avec le gouverneur pour exiger la libération de nos frères, mais jusqu’à ce jour, rien n’a été fait. Quand nous décrétons une journée ville morte, c’est pour l’interpeller afin qu’il fasse quelque chose », pense aristote Mathe.
Parmi les revendications qui ont motivé la journée ville morte à Butembo, les jeunes citent la mise en liberté de l’activiste Clovis Mutsuva de Beni et de l’ancien Muzalendu Assa Mahamba, le retour de la paix à l’Est où sont actifs les ADF et les M23 et aujourd’hui le FRN de Joseph Kabila. Enfin les manifestants demandent des éclaircissements sur le présumé détournement par les députés des fonds qui seraient destinés à la riposte contre Ebola.
Georges Lomba