« Stop Ebola » au Nord-Kivu : la commune de Kasindi annonce le renforcement des mesures de prévention
Les habitants de la commune de Kasindi, en territoire de Beni, ont respecté le mot d’ordre du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Eva Somo Kakule, appelant à une journée « Stop Ebola » décrétée en mémoire des personnes décédées et sensibilisant la population à la lutte contre Ebola. Les éléments de la police étaient sur le terrain pour faire respecter ce mot d’ordre.
S’exprimant sur les antennes de Regina Caeli Radio, le bourgmestre de Kasindi, Bwambale Mughanirya Gilbert, a salué l’initiative du gouverneur militaire. Il a indiqué que des démarches avaient déjà été entreprises pour rendre obligatoire le lavage des mains au niveau, notamment de la barrière FONER, afin de stopper la propagation d’Ebola. Le bourgmestre de Kasindi informe également la communauté que l’Ouganda a déjà pris des mesures aux frontières pour lutter contre Ebola.
« Nous allons nous engager tous avec la communauté. Au niveau des barrières, nous allons renforcer les dispositifs, même sécuritaires, pour que le lavage des mains soit obligatoire. C’est une question de santé publique. On ne peut pas laisser une personne nous contaminer parce que nous avons été défaillants. J’engage toute la communauté à prendre la question en main pour que nous puissions tous nous protéger contre Ebola. Au niveau du pays voisin, l’Ouganda a déjà pris des mesures et a renforcé au niveau de ses frontières pour que ceux qui passaient par les pistes ne puissent plus passer. Nous devons aussi être disciplinés et nous engager tous pour stopper Ebola », a rassuré l’autorité communale.
Le bourgmestre de Kasindi appelle chacun à se protéger pour protéger les autres.
« On ne saura pas mettre des dispositifs devant la porte de chacun. C’est la responsabilité individuelle. Tous les tenanciers des magasins, des boutiques, des pharmacies, des écoles doivent s’organiser en interne, parce que j’ai parlé de la riposte individuelle : se protéger d’abord individuellement avant de se protéger collectivement. Nous allons sensibiliser la population pour que chacun se protège d’abord. Quelqu’un ne va pas me demander de lui acheter du gel hydroalcoolique alors qu’il a dix mille ou cinq mille francs. Chacun peut se priver d’une bière, pour ceux qui en prennent, chacun peut se priver de quelque chose pour s’acheter un dispositif de protection individuelle. Parce qu’on doit se laver les mains à la maison, à l’école et dans nos milieux de vie et de travail », a indiqué le bourgmestre.
Intervenant dans une émission spéciale consacrée à la journée « Stop Ebola » sur les antennes de Regina Caeli Radio, l’acteur politique Mbusa Sivyaghendera Niko Luko, de l’ECiDé de Martin Fayulu, appelle la communauté à s’engager dans la lutte contre la maladie à virus Ebola et à suivre les orientations des médecins et des infirmiers.
« Que ceux qui sont pris en charge dans les hôpitaux restent calmes et acceptent de se faire soigner. Quant à nous qui ne sommes pas encore malades, respectons tout simplement les mesures barrières. Cela ne nous coûte rien. La vie est sacrée. La santé doit être protégée. Lavons-nous les mains avec du savon et sensibilisons les enfants et les voisins », a-t-il sensibilusé.
Pour sa part, le médecin-chef de zone de santé de Mutwanga, le docteur Germain Kamaliro, a parlé de la situation épidémiologique dans la zone. Il confirme que Kasindi a déjà enregistré 9 cas confirmés d’Ebola sur les 31 recensés dans la zone de santé de Mutwanga. Il révèle également que les travaux de construction d’un centre de traitement Ebola (CTE) répondant aux normes ont débuté ce lundi 19 octobre dans la commune de Bulongo.
Depuis le 20 août, date à laquelle nous avions enregistré le premier cas d’Ebola, nous venons d’enregistrer 31 cas confirmés dans la zone de santé. Les aires de santé touchées sont la frontière et la commune de Kasindi qui a déjà enregistré 9 cas. À Bulongo, nous allons ériger un CTE aux normes. Les travaux ont débuté aujourd’hui et dans dix jours ils seront achevés. Ce sera un centre qui répondra aux normes comme celui de l’UTAV. C’est le centre où nous pourrons amener les patients, a fait savoir le médecin chef de zone de santé de Mutwanga.
Héritier Ndunda