Butembo : le « Kyaghanda Yira » préoccupé par la grève des opérateurs économiques 

L’association culture Kyaghanda Yira de Butembo exprime ses inquiétudes face à la grève des opérateurs économiques. Dans un entretien avec RADIOMOTO.NET ce mardi 3 novembre 2026, le président de cette structure citoyenne de la tribu Nande trouve que cette grève vient étrangler une population longtemps meurtrie à tous les niveaux. 

Maître Moise Ndekeyonge fait remarquer que la population du Nord-Kivu est déjà menacée au sud par la guerre du Front pour la refondation de la Nation de Joseph Kabila, au sud par les massacres de civils par les ADF et la maladie à virus Ebola. 

Pour lui, ajouter encore une grève des opérateurs économiques, c’est conduire la population tout droit à la mort. C’est pourquoi le président de l’association culturelle « Kyaghanda Yira » de Butembo demande au gouvernement et aux autorités provinciales et locales de trouver des solutions aux réclamations des opérateurs économiques.

« Alors, la population ne va pas toujours continuer à souffrir, comme j’ai dit au Nord-Kivu ici. En tout cas, c’est la province presque, si on peut dire, maudite, quoi. Lorsque la population essaie de se battre pour le service de chacun, de sa famille ou même de la communauté nationale, internationale, mais voilà, je dis encore, il y a des taxes qui pèsent. Donc nos députés, nous les appelons, ensemble avec le gouverneur de province, mais aussi les autorités locales ici, à pouvoir se liguer rapidement et trouver une solution, parce que là, en tout cas, on est à bout de souffle dans la province du Nord-Kivu, en particulier à Butembo, Beni et environs », a-t-il déclaré. 

Par ailleurs, Maitre Moise Ndekeyonge fait remarquer que cette grève va toucher directement la santé de la population par manque des médicaments. Les personnes en quête de médicaments sur ordonnance médicales n’auront que leurs yeux pour pleurer suite la fermeture de toutes les officines pharmaceutiques au centre-ville, a-t-il regretté.

« Aujourd’hui, la maladie à virus Ebola, elle nous coince. Les médecins, dans leurs hôpitaux, ils sont en train de prescrire des médicaments aux patients. Ils les envoient dans les officines pharmaceutiques, qui sont aussi fermées. Alors, je me demande si, par exemple, aujourd’hui, il y a des décès, parce que moi, je prescris ici des médicaments XYZ, et que j’arrive au centre-ville, c’est fermé, deux jours durant, et que je venais à mourir. C’est vraiment urgent qu’il y ait une solution rapide. En tout cas, il y a urgence que les autorités puissent se prononcer rapidement, ne serait-ce qu’au moins demain, que les activités puissent reprendre, avec des conventions qui soient claires, par rapport à vos revendications et nos commerçants », a-t-il plaidé. 

Depuis le lundi 02 novembre 2026, les opérateurs économiques ont décidé de durcir leur mouvement de grève à Butembo. Ils réclament des allégements fiscaux au regard de la multiplicité des taxes, la sur taxation et la vulnérabilité que traversent les populations de l’Est de la RDC.    

Jean-Pierre Kilumbiro    

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