RDC / Diplomatie : Tshisekedi tacle Kabila depuis Moscou sur l’attitude du FRN envers la MONUSCO à Goma

Depuis Moscou où il participait au sommet Russie-Afrique, le Président Félix Tshisekedi a vivement réagi à la prise de pouvoir de son prédécesseur à la tête du Front pour la Refondation de la Nation. Face à la diaspora congolaise, le Chef de l’État a qualifié Joseph Kabila de « supplétif du Rwanda », l’accusant de s’être allié à la rébellion pour faire passer l’agression rwandaise pour un conflit inter-congolais. Il l’a aussi accusé d’avoir détruit le système de défense nationale sous son règne. 

Sur le dialogue national, Félix Tshisekedi a exclu toute concession aux groupes armés et martelé qu’il ne « prendrait jamais les armes contre son propre pays ». Il a profité de son entretien avec Vladimir Poutine pour demander l’application des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité exigeant le retrait des forces rwandaises. 

Par ailleurs, Joseph Kabila, nouveau président du FRN, a reçu mardi à Goma le Chef de la MONUSCO, James Swan. Accompagné de Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, Kabila a présenté le FRN comme l’héritier de l’AFC/M23 et comme un agenda national contre la « tyrannie » de Tshisekedi. 

Devant la MONUSCO, le mouvement a posé ses exigences : non-renouvellement du mandat de la mission, opposition à son redéploiement au Sud-Kivu, et refus de toute révision constitutionnelle. 

Pour Bertrand Bisimwa, si la Constitution change, « tout le processus de Doha va s’effondrer ». La loi sur le référendum adoptée le 31 octobre au Sénat par 78 voix sur 78 crispe davantage les positions, alors que le mandat de la MONUSCO expire le 20 décembre 2026.                               

Patrick Kalungwana

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