Butembo : Ces conséquences socioéconomiques de la grève des pharmaciens

Les conséquences socioéconomiques de la grève de l’Association des Tenanciers des Pharmacies à Butembo-Lubero (ATEPHALU) sont maintenant perceptibles sur le terrain. Ce, 6 jours après que le mouvement a été déclenché pour décrier le fait que l’entreprise Prince Pharma aurait envahi le marché détaillant des produits médicamenteux à Butembo. Le REDHO craint le pire.

Des malades maquent des médicaments dans des structures sanitaires au risque de l’aggravation de leur maladie, voire de la mort. D’ailleurs, dans ce contexte, un cas de mort a été enregistré dans une formation sanitaire à Butembo, selon le monitoring du Réseau pour les Droits de l’Homme (REDHO), sur cette grève. Maitre Muhindo Wasivinywa, Coordonnateur de cette structure de défense des droits humains, a restitué ce rapport lorsqu’il participait à l’émission Mwanainchi Na Siasa de Radio Moto Butembo-Beni ce mercredi. Ce programme a planché sur l’analyse de la grève de ATEPHALU.

« Selon le rapport de notre monitoring, il est ressorti qu’il y a beaucoup de conséquences : les malades maquent de médicaments et il y a des cas de mort, même si les responsables de certaines structures n’impliquent pas le manque de médicament dans certains cas de mort. Il y a ceux qui tentent d’aller se ravitailler en médicament à Beni, mais en vain. Nous avons connu un cas de mort en route. La tentative d’aller lui procurer à la pharmacie des médicaments en attendant de l’acheminer à l’hôpital n’a pas payé », regrette Maitre Muhindo Wasivinywa.

« Ces pertes seront évitables dans le cas où le différend entre ATEPHALU et Prince Pharma est vite résolu, surtout par l’instance judiciaire compétente », conseille l’intervenant.

Par ailleurs, la grève de ATEPHALU touche aussi les petits commerçants servant sur les avenues Kighombwe et Muthembo. Une femme vendeuse des tourteaux sur Kighombwe a déclaré ne plus écouler ses articles, parce que selon elle, les tenanciers des pharmacies, ses clients, ne travaillent plus. Une crise similaire s’observe également dans la bourse de Love, vendeuse du crédit de communication. Il en est de même pour certains taximen qui empaquetaient des médicaments presque chaque jour pour des structures sanitaires ou pharmacies des quartiers, à partir des officines du Centre-Kaghuntura.

Une nouveauté dans la grève de ATEPHALU, c’est que les membres ont initié ce mercredi 01ier juin 2022, une opération de siffler chaque 12ième heures devant leurs échoppes. Une manière pour eux d’alerter toujours que leurs revendications n’ont pas encore trouvé gain de cause. A l’entame de cette opération, les services de l’ordre ont interpelé 5 manifestants. Le cadre de leur interpellation n’est pas bien connu. Ils ont été pris pour troubles à l’ordre public.

Patrick Kalungwana

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