Goma : Mgr Willy Ngumbi déplore la situation socio-humanitaire due à l’escalade sécuritaire des violences des attaques du M23

La situation socio-humanitaire est trop inquiétante dans la ville de Goma, capitale provinciale de la province du Nord-Kivu. Ce jugement est celui de Monseigneur Willy Ngumbi, évêque du diocèse de Goma. Il l’a fait au cours d’un entretien avec la presse, quelques jours après l’occupation de la ville par le M23.

L’évêque de Goma est revenu sur la situation qu’a vécue l’hôpital Charité maternelle où deux bombes ont causé de dégâts matériels et humains. Il a parlé d’une chambre qui doit être réhabilitée tout en indiquant que les malades ainsi que le personnel soignant ont été traumatisés.

Monseigneur Willy Ngumbi a indiqué qu’il est encore difficile de préciser de quel côté sont venues les bombes. Aux côtés des traumatismes et des pillages de la ville, une crise économique sévit dans la ville et impacte négativement la vie sociale des familles.

« La guerre est arrivée à la fin du mois de janvier, quand les services devaient payer le personnel, ce qui n’est pas arrivé, les banques sont fermées. On sent dans la ville une crise économique, il y a la rareté de la circulation de la monnaie dans la ville. C’est un sérieux problème pour les parents, pour se procurer à manger. Pour ce qui concerne l’approvisionnement de nourriture, Dieu merci les routes sont maintenant ouvertes. Les routes de Minova, Masisi, Rutshuru, mais les gens n’ont pas les moyens pour se procurer à manger. C’est un sérieux problème », déplore Mgr Willy Ngumbi.

Il parle aussi d’écoles qui ont été touchées. Cependant, Mgr Willy Ngumbi rassure que le bilan définitif reste attendu dans plus ou moins 2 semaines. Lui et ses autres agents pastoraux sont à l’œuvre pour donner ce bilan dans tous les domaines.

« Pour le moment, nous sommes encore au niveau du bilan qui n’est pas encore définitif. On a par exemple le bilan de la MONUSCO de plus ou moins 3 mille morts, mais pour nous, c’est un bilan provisoire. Le bilan définitif, il faut, je pense, attendre peut-être une semaine, deux semaines pour le savoir. C’est la même chose pour les déplacés qui sont rentrés chez eux : je suis en contact avec les prêtres qui sont dans les paroisses de l’intérieur », indique le prélat catholique.

À la question du vœu des églises Catholique et Protestante, l’évêque de Goma a indiqué que le conflit actuel est à prendre globalement. La guerre est le résultat de plusieurs problèmes sociaux et politiques qui nécessitent un palabre. C’est le sens du Pacte social proposé par les deux églises, a dit le prélat catholique.

Stanley Muhindo  

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