RDC : Le BUREC, une cible du M23 ? (Interview)

Edgar Mateso répond aux questions de Radio Moto Butembo-Beni sur la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Ce cadre du BUREC apprécie les conclusions du Sommet sur la sécurité dans l’est de la RDC, le samedi 8 février 2025, à Dar-Es-Salam. Edgar Mateso revient aussi sur la nomination de certains congolais dans les postes administratifs des entités conquises, libérées et occupées par les RDF/M23 puis fixe l’opinion sur la présence de plusieurs anciens membres du BUREC un peu partout dans les différents postes.

 

  1. RMBB : Quelle analyse avez-vous des conclusions du Sommet Conjoint EAC-SADC, tenu à Dar-es-Salam en République Unie de la Tanzanie samedi 8 février 2025 ?

Edgar : Je suis désolé de le dire : une fois de plus l’EAC et la SADC ont blanchi le Rwanda et ses supplétifs le M23. En lisant les conclusions de ce Sommet conjoint, ces deux organisations régionales n’ont pas voulu reconnaître le Rwanda comme coupable et responsable des crimes d’agression, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, crimes de génocide … commis à l’Est de la République Démocratique du Congo en dépit d’énormes pertes des vies humaines ainsi que du désastre humanitaire vécu à Goma et environ la dernière semaine de Janvier 2025. Bien au contraire, l’EAC et la SADC ont cautionné la balkanisation de notre pays en exigeant un cessez-le-feu sans retour des troupes rwandaises. Elles parlent vaguement des troupes non invitées. L’on comprend pourquoi des personnalités importantes comme le Président Sud-africain, Cyril Ramaphossa, le Président Burundais Evariste Nayishimiye et le Président Angolais, Laurenço n’ont pas fait leur déplacement pour participer à cette messe-noire.

  1. RMBB : Avec la nomination de certains congolais dans l’administration de certaines entités conquises, libérées et occupées par le RDF et ses supplétifs M23, peut-on espérer au retour urgent de la paix à l’Est de la RDC ?

Edgar : Dans ces conditions et sous ce format, il est difficile de placer notre confiance dans cette démarche qui nous impose un dialogue avec le M23 sans retrait préalable des agresseurs rwandais. L’idéal serait de reconnaître d’abord l’agression de la RDC par le Rwanda, condamner ce dernier et le contraindre de retirer ses forces du sol congolais.

  1. RMBB : On remarque plusieurs anciens membres du BUREC, qu’est-ce que ceci peut signifier ? Une trahison ou une complicité ?

A ce sujet trois réalités incontournables sont à retenir :

  • Dans ses stratégies, le Rwanda préfère s’effacer et placer à exhiber des pantins qu’il manipule afin de montrer à la face du monde qu’il n’y est pour rien et qu’il s’agit d’une guerre congolo-congolaise ;
  • Le Rwanda utilise la manipulation politique et ethnique en puisant ses alliés parmi ceux qui se présentent comme ses ennemis. Il s’agit, non seulement de se faire accepter, mais aussi une sorte de sabotage. C’est la même stratégie qu’il a utilisée en 1998 lors de la création du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) en nommant à la tête du mouvement des personnalités comme Wamba dia Wamba du Bas-Congo, Adolphe Onusumba du Kasayi, Antipas Mbusa Nyamwisi du Nord-Kivu et d’autres, même si, par la suite ils ont fini par se séparer ;
  • Un autre aspect important c’est que, le BUREC, étant un parti de masse et ayant un grand engrange au Nord-Kivu, la probabilité d’avoir au moins un leader membre de ce parti dans chaque village est élevé. Ce qui intrigue c’est que, les communicateurs du M23 qui brandissent dans les réseaux sociaux les membres du BUREC acquis à leur cause, cachent expressément les anciens membres des autres partis.
  1. RMBB : Pourquoi, selon vous, le M23 cible-t-il plus le BUREC de JPK que d’autres partis des leaders originaires du Nord-Kivu ?

Edgar : C’est bien clair, Son Excellence Julien Paluku est l’ennemi N°1 du M23. De ceux qui ont planifié la chute de cette rébellion en 2013, il est le seul qui survit encore après la mort du Colonel Mamadou Ndala (hissé au rang de Général en titre posthume) et du Général Bahuma Ambamba. Les Rwandais ne le pardonneront jamais pour sa Note circulaire de 2014 interdisant le mouvement des migrants en masse du Sud vers le Nord. Aujourd’hui on le voit sur toutes les lignes de la diplomatie en Chine, à New-York, à Washington, à Californie, à Paris, à Bruxelles, à Genève… pour déconstruire le mensonge du Rwanda sur la fameuse menace des FDLR contre le régime des sanguinaires de Kigali. Posez-vous la question de savoir pourquoi lorsque Goma est passé sous le contrôle de ces terroristes, ses œuvres dont l’école du cinquantenaire et sa propre résidence ont été copieusement saccagées.

  1. RMBB : A ce moment, comment doit se comporter la population du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ? Et de manière particulière, quelle attitude doivent adopter les membres du BUREC ainsi que ses sympathisants ?

Edgar : J’invite la population à la prudence. L’ennemi nous a infiltré et vit avec nous. Les acteurs politiques doivent s’abstenir de toute tentation car après la guerre il y aura un procès. Malheur à ceux qui seront estimés coupables de rébellion. S’agissant

S’agissant des membres du BUREC par exemple, l’article 20 des statuts du parti est clair : « La participation à un mouvement insurrectionnel ou rébellion constitue un acte d’auto-exclusion et vaut radiation du parti sans procédure disciplinaire ». 

Visesa Louangel

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *