Beni : Moyoni Asha met en place un jardin d’amarantes pour palier la carence en légumes
Moyoni Asha, mariée et mère de cinq enfants, en train d'entretenir son jardin d'amarantes. Ph. Siku Provinces
La sensibilisation sur l’agriculture urbaine produit des effets en ville de Beni. Quelques femmes ménagères s’exercent déjà à entretenir des jardins potagers dans des parcelles non encore mises en valeur, ou derrière leurs cuisines. RADIOMOTO.NET s’est intéressé, ce jeudi 06 mars, aux légumes que produit et vend Moyoni Asha en commune Mulekera.
Moyoni Asha, mariée et mère de cinq enfants, est infirmière de formation ; un métier qu’elle n’exerce plus depuis bientôt trois ans. Mais, elle n’est pas restée bras croisés tout ce temps. Elle entretient un jardin potager de 20 mètres sur 25, afin de répondre aux multiples obligations familiales.

“Il y a une platebande ici des amarantes qu’on a faites en une semaine. Quand vous faites ça, vous arrivez au marché, vous avez de bonnes amarantes qui peuvent sauver la vie des enfants”, a-t-elle entamé.
Alors, comment a-t-elle appris les techniques agricoles qui lui permettent de produire des légumes tant sollicités par les autres femmes revendeuses qui envahissent sa haie toutes les soirées ?
“De la nature, je suis venue d’une famille où les parents nous ont appris à cultiver. Ils nous ont dit que tout ne s’achète pas au marché. Il faut produire à domicile”, a-t-elle répondu.
Asha Moyonise dit prête à encadrer les autres ménagères qui souhaiteraient produire des légumes à domicile.
“Je suis prête, et c’est mon souci”, a-t-elle rassuré.
L’autre surprise est que le jardin que RADIOMOTO.NET a visité ce jour, n’est pas que pour les amarantes.

“J’avais fait 6 mois sans acheter le sombé. Et ce n’était pas moi seul prenait le sombé. Il y avait les amis, la famille et quelquefois, je vendais. J’ai au moins enlevé ici deux sacs de farine de manioc. Il y avait des plateformes où il y avait la tomate. Les amarantes font deux semaines en train de préparer là où la tomate sera plantée. Jusqu’ici, j’ai au moins une affaire de 100.000 FC”, s’est-elle réjouie.
Il n’y a pas que des roses. Cette femme affronte également des épines. Les ennuis, c’est surtout avec le voisinage.
“Il y a des éleveurs (qui détruisent nos cultures au travers de leurs bêtes : NDLR). Même des voleurs”, a-t-elle fait savoir.
Hormis les dépenses engagées pour un entretien régulier, ce jardin situé en cellule Apitakondo, dans le quartier Ngongolio, en commune Mulekera, génère plus ou moins 100 000 FC à chaque récolte hebdomadairement échelonnée, en cette période pendant laquelle la demande en légumes se montre supérieure suite à la sécheresse en ville de Beni.
En effet, un tas de légumes se négocie entre 1500 et 2000 francs congolais. Pour ce qui est du prix des épices, c’est le producteur qui parait maître du prix de sa marchandise, fixé selon la quantité de la sueur qui a coulé et c’est à prendre ou à laisser.
Siku Provinces