Butembo : Marie Masumbuko, âgée de plus de 90 ans, se démarque dans le tissage des nattes 

Marie Masumbuko, âgée de plus de 90 ans, confectionne des nattes en ville commerciale de Butembo. Photo : Joëlle Mwenge/RMBB

L’âge avancé n’est pas synonyme de la mendicité ou de rester sans rien faire. C’est la conviction de Marie Masumbuko, qui continue de tisser des nattes à partir des feuilles de faux palmiers, à plus de 90 ans. RADIOMOTO.NET l’a abordé, le mercredi 26 mars 2025, en marge du mois mars dédié à la femme. 

Rencontrée à son domicile sur rue Matadi, au quartier Kambali, Marie Masumbuko a indiqué, c’est depuis son jeune âge qu’elle confectionne des nattes. Passionnée dans ce métier hérité de sa mère, elle est encore capable de remplir une natte en une semaine. 

Le poids de l’âge n’est pas une limite pour elle. Comme tout autre métier, elle éprouve des difficultés liées notamment aux matériels et au fait que les nattes semblent ne plus faire la mode avec l’avènement des matelas. Malgré tout, Marie fait son métier avec passion pour pérenniser la culture et la tradition.  

“C’est ma mère qui m’a appris ce métier. Au début, je n’étais pas intéressée, mais avec le temps, j’ai compris que c’est du boulot. Puisque avant l’avènement des matelas, la natte avait de la valeur. Les feuilles que j’utilise, je les achète au marché, un fagot coute 2 ou un dollar. Il y a insécurité dans les zones d’où proviennent ces feuilles. La teinture que nous mettons pour avoir d’autres couleurs, nous l’achetons à Kampala. Une meurette de cette teinture coute 5 dollars”, a-t-elle témoigné. 

Fragilisée par l’âge et ne pouvant plus aller dans le marché pour vendre, Marie Masumbuko reçoit des clients à son domicile. La natte coute 6 dollars américains. La nonagénaire est fière du peu qu’elle tire de son métier. Elle encourage les autres femmes du troisième âge à faire ce dont elles sont capables que de rester sans rien faire ou mendier.

““Ceux qui me connaissent dans ce travail me rencontrent ici pour passer leurs commandes. Je fixe le prix selon les moyens que j’ai mis en jeu pour acheter les matériels. Les feuilles, la teinture et aussi le temps que je mets pour la confection. Je préfère ne pas vagabonder en train de quémander. Oh, aidez-moi, pendant que vous avez des yeux ? Pourquoi Dieu vous a donné ces yeux ? Si vous continuez à rester sans rien faire, ce n’est pas bien, il y a des gens qui tissent des corbeilles”, a-t-elle motivé. 

Il convient de noter que le thème retenu pour ce mois de mars 2025, dédié à la femme, est « Pour toutes les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation ».

Joëlle Mwenge

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