RDC-M23 : Trois scénarios possibles après les consultations de Doha (Analyse d’Edgar Mateso)
Edgar Katembo Mateso s'exprimant devant la presse de Butembo ce vendredi 15 septembre 2023. @ Stanley Muhindo
Trois scénarios sont possibles après les consultations entre le Gouvernement de la République démocratique du Congo et le Mouvement du 23 mars (M23), annoncées pour mercredi 09 avril 2025. L’analyste politique Edgard Katembo Mateso invite le gouvernement à recourir à la Constitution du pays pour contrer le plan de l’ennemi.
Pour commencer, l’analyste entrevoit une possibilité d’exiger aux militaires rwandais de se retirer du sol congolais et ainsi cesser les hostilités. Dans ce cas, la RDC gagne, « même si le problème se pose déjà avec les militaires congolais au service du M23« .
Poursuivant, Edgard Mateso parle du Rwanda-M23 qui peut décider de se cabrer et conserver ses positions sur le sol congolais avec ses militaires.
« Dans ce contexte, c’est la RDC qui perd ses terres et offre la victoire au M23, donnant ainsi place à la balkanisation« . Ici, « le risque, c’est soit l’annexion d’une partie de la RDC au Rwanda, soit la création d’un nouvel État pour les rwandais« , alerte-t-il.
Le politique ajoute une troisième possibilité, qui offre au M23 la latitude de se retirer de la zone tout en exigeant l’amnistie à ses combattants condamnés par la justice congolaise.
« Pour les amnistier, c’est accepter soit de les intégrer dans l’armée, ou dans l’administration ou encore dans le gouvernement« , analyse-t-il, tout en ajoutant que dans ce cas aussi, la RDC risque de perdre.
Dans tous les cas, Edgard Katembo Mateso pense que la solution durable pour la RDC est de recourir à sa Constitution. Puisque, pour lui, on ne peut pas gérer un pays par des accords.
“Le Congo devra tirer les conséquences de toutes les guerres que nous avons connues depuis 1996. Chaque épisode finissait par des conciliabules, et finalement par la signature des accords. Mais malheureusement, ces accords n’ont jamais été favorables du côté congolais. Un État ne se gère pas par des accords. Il y a la constitution qui doit gérer le pays. Les accords, c’est conçu et fait pour les États faibles. Recourir à la constitution, c’est justement renforcer les institutions de sorte que n’importe qui n’y accède pas tout simplement parce qu’il a pris les armes et après sollicite qu’on l’intègre facilement”, a-t-il analysé.
Des sources sûres informent que le M23 et le Gouvernement congolais sont en pourparlers au Qatar depuis maintenant quelques jours. Les informations dont disposent RADIOMOTO.NET notent que ces consultations constituent une suite à la rencontre du 18 mars à Doha entre les chefs d’État congolais, rwandais et qatarien. Le prochain rendez-vous est attendu ce mercredi 09 avril 2025.
Visesa Louangel