RDC : pour l’assistant Arsène Kaputu, rien ne peut empêcher Joseph Kabila de rejoindre son pays
Depuis l’annonce du retour du président honoraire de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, au pays, des analyses vont dans tous les sens. L’assistant Arsène Kaputu, politologue et enseignant à l’Université officielle de Ruwenzori (UOR) de Butembo, pense que rien ne peut empêcher le sénateur à vie de rejoindre son pays et que sa position vis-à-vis du pouvoir de Kinshasa et de la rébellion du M23 pourra être connue au fur et à mesure.
L’enseignant indique que la loi reconnait à tout congolais le droit de vivre et jouir de tous ses droits dans son pays. Cependant, quand il veut venir à partir de l’Est, particulièrement dans des endroits sous le contrôle du M23, cela sème des doutes dans le chef de la population qui entendait Kinshasa l’accusé de complicité.
“C’est un citoyen congolais qui peut donc se déplacer et revenir. Au même moment, à part le fait qu’il soit un citoyen congolais, je rappelle que c’est un sénateur à vie, donc un membre des institutions politiques. Mais au même moment, surtout de surcroît, il est ancien président de la République démocratique du Congo. C’est là maintenant que ça inquiète, lorsqu’il dit qu’il va rentrer au pays, mais en passant par l’Est de la RDC. Et s’il choisissait la ville de Goma, il va confirmer l’hypothèse selon laquelle il serait aussi parmi les partisans du M23”, a-t-il analysé.
Quant à la position politique de l’ancien président congolais, l’assistant croit que c’est claire, car le PPRD, parti de Joseph Kabila, est dans l’opposition. Arsène Kaputu n’exclut pas l’option qu’il vienne dans sa casquette de sénateur. Dans ce cas, il devra apporter au pouvoir en place son expérience de gestion du pays durant les 18 ans.
“Lui-même a été président de la République pendant le système 1+4. Il y avait deux oppositions. Il y avait l’opposition non-armée et l’opposition armée. Donc lui, parce que physiquement, il n’est pas porteur d’armes, il va être dans l’opposition non-armée. Et dans l’opposition non-armée, ce sont ses propos qui peuvent soutenir d’une manière ou d’une autre malheureusement l’opposition armée. Alors que comme ancien président de la République, c’est lui qui dirait au président actuel comment lui a, entre guillemets, vaincu la première phase de M23 vis-à-vis des menaces qui pesaient sur la sécurité. Parce que les hommes passent, mais les institutions restent. Et lui comme homme d’État, il ne peut pas se comporter comme un citoyen ordinaire pour dire qu’il va aussi aller tout en étant opposant, il va aussi aller dans le sens de ce qui serait de tuer les congolais”, a-t-il ajouté.
Parlant de menaces d’arrestation qui pèsent sur Kabila, la même source estime que tout reste à prouver et c’est à la Justice de faire la suite.
Il est à noter que Joseph Kabila a assuré, dans une correspondance adressée à Jeune Afrique, qu’après six ans de silence absolu, une année d’exil et compte tenu de la dégradation du contexte sécuritaire, il a pris la résolution de rentrer sans délais en RDC afin de contribuer à la recherche de la solution. Il a déclaré qu’il rentrera au pays à partir de la partie Orientale, mais sans plus de précision.
Stanley Muhindo