Butembo : à l’ULPGL, Zawadi Bisomeko anime une conférence abordant le problème des veuves dépouillées de leur patrimoine 

L’Université libre des pays du Grand Lac (ULPGL), en collaboration avec l’École de genre de l’Université de Goma (UNIGOM), a organisé, ce jeudi 11 septembre 2025, une conférence. Plusieurs thèmes ont été développés au cours de cette activité scientifique, animée par Zawadi  Bisomeko, étudiante en Master 2 Genre et développement international à l’école du genre à l’université de Goma et secrétaire exécutive de la SAFDF. 

Elle a entretenu les participants autour du thème : « Le dépouillement des veuves du patrimoine du couple après le décès du conjoint ». Dans son exposé, l’oratrice du jour est revenue sur les différents facteurs qui sont à la base du dépouillement des veuves de l’héritage après la mort de leurs époux. Elle cite, par exemple, des couples qui vivent sans avoir enregistré leur mariage à l’état civil.

« Selon notre recherche, plusieurs stéréotypes, attitudes et pratiques contribuent à l’invisibilité de la contribution des femmes au patrimoine du ménage. Cette invisibilité est à la base du dépouillement des veuves du patrimoine du couple après le décès de leur conjoint. Le problème réside notamment dans le fait que leur participation à l’acquisition des biens de valeur est rarement reconnue. Beaucoup de biens acquis en commun dans le ménage sont enregistrés uniquement au nom de l’homme, ce qui empêche la femme d’en revendiquer la propriété plus tard. Un autre facteur important est l’existence de nombreux couples vivant en union libre, sans mariage civilement reconnu. Dans ces cas-là, les femmes éprouvent de grandes difficultés à faire valoir leurs droits, car leur union n’a aucune reconnaissance légale », a-t-elle démontré.

Pour faire face à cette situation, Zawadi Bisomeko propose que certaines actions soient menées. Parmi lesquelles, l’organisation des séances de sensibilisation dans la communauté et le respect du choix du régime matrimonial.

« Plusieurs actions doivent être envisagées pour sensibiliser les couples à la protection légale de chacun des conjoints. D’abord, il est important d’encourager le recours au mariage civil, car il constitue une forme de protection juridique pour les deux partenaires. Ensuite, les couples doivent être informés et formés à propos des régimes matrimoniaux. Beaucoup choisissent un régime simplement sur conseil, sans comprendre les implications juridiques. Or, il est essentiel de savoir à quoi on s’engage lorsqu’on opte pour tel ou tel régime. Il faut également sensibiliser les communautés : lorsqu’un couple est légalement marié, certains biens tombent automatiquement dans la communauté, selon le régime choisi. Dans ce cas, la femme a une part égale à celle de l’homme, et le conjoint survivant a un droit légal à l’héritage. Oui, tout cela est juridique. C’est prévu par le Code de la famille et protégé par la loi », a-t-elle conscientisé.

Les étudiants, les chercheurs, les enseignants et les acteurs de développement ont pris part à cette conférence.

Ngunza Mapasa

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