L’évêque Sikuli suggère le Kinande comme langue liturgique dans une partie du diocèse de Butembo-Beni
L’évêque du diocèse de Butembo-Beni veut une adoption obligatoire du Kinande comme langue liturgique dans certaines parties de son entité ecclésiastique. L’Ordinaire du lieu l’a dit aux curés, experts et laïcs participants au Conseil pastoral diocésain du 16 au 17 septembre 2025.
Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech donnait sa lecture par rapport aux rapports de doyennés, aux exposés après les travaux en carrefour et débats sur certains points touchant directement la pastorale au niveau du diocèse. Parmi ces points, on cite « l’harmonisation entre la foi et la culture ».
Revenant sur l’histoire du swahili comme langue liturgique dans la région, il a indiqué qu’il s’agit de la conséquence d’une incompréhension entre missionnaires hollandais, flamands et wallons qui ont évangélisé le diocèse.
L’évêque est convaincu que la langue est l’une des expressions fondamentales de la culture. Monseigneur Sikuli se dit peiné de voir comment on massacre cette langue. Pour lui, il faut aider les générations croissantes sinon les conséquences sont inimaginables.
« Nous avons échangé et discuté autour de l’harmonisation entre la foi et la culture. Et ce qui m’est venu directement à l’esprit, c’est l’idée de proposer l’adoption obligatoire du kinande comme langue liturgique dans les paroisses des zones pastorales Sud, Est, Centre où cela a déjà commencé, ainsi que Nord et Sud de la zone pastorale Nord. J’ai beaucoup insisté sur ce point, car je considère que la langue est l’une des expressions fondamentales de la culture »,
a-t-il insisté.
L’évêque, qui reconnait le dynamisme de ses fidèles, se plaint des insuffisances dans l’appropriation du missel en Kinande par certains responsables pastoraux. Sur 3 000 exemplaires commandés pour une valeur de 75 mille dollars, seulement 7 000 dollars ont été remboursés, interpelle-t-il.
« Nous avons reçu le lectionnaire en kinande pour l’année B, édition de la messe 2004. Au total, 3 000 exemplaires nous ont été envoyés. Il a été demandé à chaque parent d’en acquérir un. Le coût total s’élève à 75 000 dollars, soit 30 dollars par lectionnaire. Alors, je me pose une question : si les fidèles donnent généreusement pour la construction des églises, serait-il difficile pour eux de contribuer pour ce lectionnaire ? Je crois sincèrement que, pour un tel outil liturgique, les fidèles devraient pouvoir s’impliquer aussi », a-t-il conscientisé.
L’Ordinaire du lieu annonce un nouvel arrivage, cette fois pour l’Année liturgique A. Ce Missel viendra s’ajouter à celui de l’année C imprimé depuis 2023. Monseigneur Sikuli l’a toujours dit : « Ignorer sans langue maternelle, c’est vivre comme un arbre sans racines ».
Stanley Muhindo