Butembo-Beni : l’abbé Vincent Lughutu rappelle l’urgence de renforcer les mesures de lutte contre les boissons fortement alcoolisées
Abbé Vincent Lughutu, curé de la paroisse universitaire Saint-Cyril d’Alexandrie. Ph. Patrick Kalungwana/RMBB
“La lutte contre des boissons fortement alcoolisées mérite d’être quotidienne du fait que ces boissons sont mortifères”. Il s’agit du point de vue de l’abbé Vincent Lughutu, curé de la paroisse universitaire Saint-Cyril d’Alexandrie. Il l’a émis lors de son exposé, le mercredi 1ᵉʳ octobre, premier jour colloque organisé par l’Université catholique de Graben (UCG), en mémoire de Monseigneur Emmanuel Kataliko, au site de l’horizon.
Le sujet concernait Monseigneur Emmanuel Kataliko et l’interdiction du “Kindingi”. La lutte contre les boissons fortement alcoolisées, notamment le Kindingi, était aussi un combat de Monseigneur Emmanuel Kataliko. Ce défenseur des forces vitales disait que cette boisson entrainait le malheur de la population et la crise de son développement. D’où il fallait la lutte, a révélé l’abbé Vincent Lughutu.
« C’était la lutte du Monseigneur Kataliko contre le “kindingi” et contre les “mangwende”, des boissons fortement alcoolisées qui étaient fabriquées à ce temps-là, et dont il se disait que cet alcool entraînait souvent la sérélité chez les jeunes. De façon que le peuple qui consomme un alcool aussi fort, c’est un peuple qui s’expose à la disparition définitive, dans la mesure où, quand on regarde les conséquences de cet alcool-là, la chétivité corporelle, le fait que les corps soient détruits, dévitalisés en utilisant ce même alcool-là… Alors là, il se dit que, comme défenseur des forces vitales de l’homme auquel il était confié, comme pasteur, il fallait lutter contre ces alcools-là, dont il savait qu’ils étaient en train de détruire l’homme, le peuple auquel il était confié », a-t-il fait savoir.
Pour ce ministre de Dieu, la lutte contre le Kindingi par Monseigneur Emmanuel Kataliko convient également à la lutte contre toutes les boissons fortement alcoolisées qui détruisent l’homme, aujourd’hui. Il appelle à l’implication des autorités et à la conscience de chacun afin d’en finir avec les boissons dévitalisant.
« Oui, c’est une lutte qui doit se poursuivre, car on assiste aujourd’hui à une prolifération de boissons alcoolisées très fortes, préparées de manière artisanale, souvent sous forme de cocktails aux compositions douteuses. Il est impératif de procéder à des tests de conformité, car un alcool distillé de manière classique peut s’avérer moins nocif que ces mélanges que l’on retrouve dans les kindingi. Or, lorsque ces liqueurs sont analysées au laboratoire central de l’UCG, les résultats révèlent une forte concentration de substances nocives. Ce sont des boissons impropres à la consommation humaine, en raison de leurs effets graves sur la santé », a-t-il prévenu.
Plusieurs autres sujets liés aux œuvres de Monseigneur Emmanuel Katsuva Kataliko ont été décortiqués à la même occasion. Le colloque prend fin, ce jeudi 02 octobre 2025.
Patrick Kalungwana