Goma : des enfants se livrent à la mendicité au centre-ville
Une présence massive d’enfants qui se livrent à la mendicité est observée actuellement dans plusieurs rues de la ville de Goma. En âge scolaire, leur situation brise le cœur. Il s’agit de l’une des conséquences de la vie chère que traversent plusieurs ménages, suite d’une part aux conflits armés, et de l’autre à l’irresponsabilité de certains parents.
À l’ouest de la ville, dans le quartier Mugunga, juste à proximité de l’université de Goma, campus du lac vert, le décor a changé. Ce ne sont plus les étudiants qu’on croise, mais des petits enfants, des filles et des garçons qui passent leurs journées dans la rue. Pas pour jouer mais pour chercher de quoi manger ou un peu d’argent. Parmi eux, RADIOMOTO.NET a rencontré un petit garçon. Il vient de Vusanisani. Son histoire coupe le cœur.
« Je viens de Vusanisani. Je suis ici pour quémander. Quand je trouve de quoi manger ou un peu d’argent, je les rapporte à la maison car nous n’avons rien. Mon père et ma mère sont morts et je reste avec ma grand-mère. J’étudie, mais nous avons été refoulés de l’école, faute de pouvoir payer les frais scolaires », a-t-il témoigné.
Pour ce petit orphelin, la rue est devenue son seul espoir. On le voit ramasser des restes de maïs ou de bouts de cannes à sucre qui traînent par terre pour ne pas dormir le ventre vide.
Un papa, qui habite au Lac Vert, observe cette situation chaque jour avec beaucoup de douleurs. Pour lui, c’est un grand danger pour ces victimes de la précarité.
« Ces enfants sont une réalité ici, on les voit partout dans les rues, en train de quémander de la nourriture ou de l’argent. Ils courent des risques permanents, notamment celui d’être percutés par des véhicules. Les voir errer dans les quartiers, ils sont là à ramasser des restes de maïs ou des cannes à sucre pour survivre. Bien que certains aient apparemment des parents et une famille, ils restent exposés à des graves dangers comme l’empoisonnement ou les maladies. C’est pourquoi j’exhorte les parents à tout mettre en œuvre pour encadrer leurs enfants. J’appelle les autorités à s’impliquer concrètement pour remédier à cette situation », a-t-il plaidé.
Ce phénomène gagne aussi la zone de Kibati. Aux alentours du cimetière de Makao, des enfants en rupture tentent de survivre en sollicitant la charité des passants, allant jusqu’à aborder les cortèges funèbres. Une preuve supplémentaire de l’ampleur d’une crise sociale qui n’épargne plus aucun lieu de la ville et ses environs.
Ghislain Siwako