Nord-Kivu : Edgar Mateso dénonce une faible prise en charge des enseignants travaillant dans les « zones rouges » 

Ce jeudi 30 avril 2026 marque la journée nationale de l’enseignement en République démocratique du Congo. Elle est destinée à rendre hommage aux éducateurs de ce pays. À l’occasion de ce jour spécial, Edgar Katembo Mateso, chercheur en philosophie et en politique ainsi qu’enseignant de carrière, donne un message pour comprendre le rôle de l’enseignant et lui donner sa valeur sociale. 

Edgar Katembo Mateso exprime que l’enseignant n’est pas un simple dispensateur du savoir. Il est également concepteur, mieux, le forgeron de l’humanité. 

Par son abnégation, il participe à l’œuvre créatrice en façonnant l’esprit humain, ajoute Edgar Katembo Mateso, en indiquant que l’enseignant a une valeur considérable du fait qu’il cultive chez l’homme ce qui le distingue radicalement du règne végétal et animal, par la conscience, la raison et la dignité. C’est pourquoi, il déplore le fait que l’État de la RDC ne garantit pas encore une prise en charge optimale de l’enseignant.

Aujourd’hui, 30 avril 2026, avec un salaire de misère, l’enseignant ne peut subvenir à ses besoins fondamentaux pendant ne fût-ce qu’une semaine. Comme si la mendicité du gain ne suffisait pas, ce maigre salaire arrive avec un grand retard intolérable. Quel mépris pour ceux qui tiennent l’avenir de toutes les nations entre leurs mains. Malheureusement, ceux qui osent hausser leur ton pour réclamer leurs droits se frappent sans pitié, condamnant ainsi leur famille à une incertitude de survie totale. Quelle compassion nationale témoignent les autorités envers les enseignants des provinces en guerre comme le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri ? Au Nord-Kivu particulièrement, la situation demeure encore révoltante. Les rares enseignants payés à monnaie de singe, dirais-je, sont contraints de prendre en charge leurs pairs non payés, substituant ainsi leurs maigres ressources aux obligations régaliennes du gouvernement. Au niveau secondaire, la prime d’encouragement est insuffisamment partagée avec les agents dits professionnels, aménuisant ainsi encore davantage le peu qui revient à l’enseignant de la craie”, a-t-il déploré. 

Pour l’enseignant Edgar Katembo Mateso, il est temps que le secteur de l’éducation attire enfin l’attention réelle des responsables des institutions de la RDC. Ignorer l’enseignant, c’est sacrifier délibérément les générations futures, conscientise-t-il.

Patrick Kalungwana

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