Butembo : les familles des victimes anti-MONUSCO sous pression financière après le bain de sang de 2022 

Les familles des victimes des manifestations anti-Monusco à Butembo dénoncent les pressions qu’elles subissent de la part de commerçants à cause des dettes encaissées lors de l’enterrement des personnes  décédées le 26 juillet 2022. Le comité représentant de ces familles s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 au cours d’un point de presse. 

Ce comité demande l’implication du gouverneur pour que  les cercueils, les habits et d’autres effets ayant servi à l’enterrement digne de leurs soient payés. Dans sa déclaration, une lettre adressée au gouverneur militaire du Nord-Kivu, le comité des familles des victimes de manifestations anti-Monusco se rappelle que lors de l’enterrement des victimes, les manifestants avaient retiré de force des cercueils, et des habits dans les pompes funèbres et de maison de commerce pour enterrer dignement les victimes. 

Des biens, dont le coût est estimé à 13 810 dollars, ne sont pas payés jusqu’aujourd’hui, déplore Jérôme Malule, porte-parole occasionnel de ce comité.

Il y avait 9 cercueils qui n’ont jamais été payés. Et au niveau de la maison de vente des habits, malheureusement, les gens qui reclamaient  ont profité pour vandaliser le magasin de M. John Tsangatsanga. À l’occasion, ils ont emporté 47 pièces hommes-hommes et 18 pièces femmes. Automatiquement, un montant de cercueils est estimé à 360 dollars américains. Pour les habits qui sont volés, c’est un montant de 10 210 dollars américains qui doit être aussi remis au propriétaire pour qu’il fasse ses activités commerciales. C’est pourquoi nous sommes venus ici pour une révendication”, a-t-il fait savoir. 

Le comité des victimes des manifestations anti-MONUSCO plaide pour l’implication du gouverneur militaire du Nord-Kivu  afin de réparer les préjudices causés lors de ces incidents. Ce, pour éviter que les familles qui continuent de pleurer les leurs subissent le coût de ces dommages.

Donc, automatiquement, nous considérons qu’ils n’ont jamais vraiment été enterrés, parce que là où ils sont, ils sont tellement menacés, ils sont tellement dérangés, alors qu’on devrait penser qu’ils sont là d’une manière calme, on devrait chaque fois prier pour leurs âmes. Dans notre correspondance, nous demandons à ce que l’autorité provinciale puisse s’investir dans cette question-là. Nous sommes tellement informés qu’il y avait un montant qui avait été alloué pour cet objectif-là, et nous demandons que les propriétaires de ces pompes funèbres soient remis dans leurs droits. Nous demandons aussi à ce que le responsable du magasin soit remis dans ses droits”, a-t-il insisté. 

Il convient de rappeler qu’à Butembo, en date du 26 juillet 2022, des manifestations avaient éclaté. La population demandait le départ de la MONUSCO qu’elle accusait d’être passive face à l’insécurité dans la région. La démarche avait dégénéré et s’était soldée par des morts d’hommes, dont 11 civils, les éléments de casques bleus, ainsi que plusieurs dégâts matériels.     

Joëlle Kahindo

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