RDC : Me Moïse Kikondo lève les équivoques entre changement et révision de la Constitution
Maître Moise Kikondo tente de laver la confusion existante dans la communauté quant au changement et à la révision constitutionnelle. Ce doctorant et chercheur en droit s’est exprimé ce lundi 18 mai 2026, au cours d’une émission diffusée sur les antennes de Radio Moto Butembo-Beni.
Maître Moise Kikondo a animé cette émission spéciale à l’occasion de la journée dédiée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), liée aussi à la libération de la RDC de l’emprise de Mobutu Sese Seko, célébrée le 17 mai de chaque année.
Ce chercheur en droit a à l’occasion différencié le changement de la constitution, de la révision constitutionnelle. Maître Moise a commencé par faire comprendre que le droit constitutionnel porte sur des règles de l’encadrement, voire de l’organisation du pouvoir et de la relation entre l’État et les citoyens. Pour lui, la constitution est un document portant des règles que toute personne peut facilement comprendre.
“La révision constitutionnelle, ce n’est pas le changement de la constitution. Ce sont deux notions différentes. Quand est-ce qu’on parle de révision constitutionnelle et quand est-ce qu’on parle de changement constitutionnel ? On parle de la révision constitutionnelle lorsque l’on estime qu’il y a certains articles qui présentent des lacunes dans la constitution et l’on estime que ces articles-là doivent être touchés ou modifiés pour s’adapter à la réalité favorable à la nation ou à l’État. Ça veut dire que lorsque l’on est dans la logique de la révision constitutionnelle, l’ancienne constitution reste en vigueur. Seulement, on modifie quelques articles pour les adapter à la réalité. Le changement de la constitution, quant à elle, suppose que l’on prenne l’ancienne constitution, qu’on la déchire. On la brûle, on la met au feu, on estime qu’il y a un vide constitutionnel. Et là, on parle maintenant du pouvoir constitutionnel du constituant originel. Ça veut dire qu’on n’a plus d’autre constitution”, a-t-il éclairé.
Il convient de rappeler que le débat sur une révision ou un changement de la Constitution du 18 février 2006 en République démocratique du Congo est officiellement ouvert. Le président Félix Tshisekedi et la coalition au pouvoir, l’Union sacrée de la nation, mènent des consultations pour réformer les institutions. Ce processus suscite de vifs débats, car il cristallise des enjeux juridiques et politiques majeurs.
Jeannine Mulewa, stagiaire académique