À Ruwenzori, des jeunes appelés à ne pas se livrer à la justice populaire
Pour couper court à la psychose qui gagne les villages, le service de la jeunesse et de l’éveil patriotique du secteur Ruwenzori, dans le territoire de Beni, mise sur la responsabilité des jeunes.
Son responsable, Nzangura Kwavingiston, a, lors d’un entretien avec la presse locale ce mardi 16 juin 2026, exhorté la jeunesse à ne pas céder aux rumeurs d’insécurité en se livrant à la justice populaire.
Dans son intervention, Nzangura Kwavingiston a rappelé que seul l’appareil judiciaire peut établir la culpabilité d’un suspect. Pour lui, les lynchages des personnes suspectes d’erreurs irréparables qui endeuillent des innocents.
« Il peut y avoir un suspect qui a été arrêté, mais cela ne signifie pas, comme vous l’avez soupçonné, qu’il est un ennemi, un collaborateur des ADF, ce n’est pas synonyme directement de se rendre justice. Lorsqu’on se rend justice, on perd les enquêtes et la suite de cette personne suspecte. Il peut arriver qu’il soit vrai le suspect, mais lorsque vous allez vous rendre justice, vous n’allez pas savoir ceux qui étaient avec lui. Il peut s’être retranché dans un autre groupe, mais une fois que vous l’arrêtez et que vous l’amenez aux services de sécurité, ils vont l’exploiter et il va dénoncer le groupe où il s’est retranché. Il va parler de sa mission lui-même. C’est pour cela qu’on a cette obligation de ne pas se faire justice. On doit être bien vigilant et ne pas se rendre justice. La jeunesse a un travail et cette jeunesse doit être dans cette vigilance. Elle doit directement collaborer avec les autorités locales », a-t-il sensibilisé.
L’appel qui vise à transformer les jeunes en relais de confiance, tout en signalant tout cas suspect aux services de sécurité, plutôt que de se faire justice, intervient dans un contexte marqué par la violence en territoire de Beni, une région secouée par l’activisme des rebelles présumés de l’ADF.
Romulus Nzalumbo