RDC-Changement constitutionnel : quel pays allons-nous laisser aux générations futures ? (Mgr Sikuli)
Dans quel Congo vivrons-nous demain ? C’est la question cruciale que se pose l’évêque du diocèse de Butembo-Beni. Le prélat a interpellé la conscience collective lors de la première messe célébrée à la paroisse Saint-Cyrille-d’Alexandrie de l’UCG, située à l’ITAV dimanche 21 juin 2026.
Monseigneur Sikuli commentait le projet du changement de la constitution qui délie les langues au pays. Pour l’ordinaire du lieu, il est impérieux que chaque citoyen congolais s’interroge sur le pays qu’il prépare pour les générations futures.
« Je pourrai vous laisser la liberté de l’interpréter, de l’accepter ou de ne pas l’accepter. Mais je pense que ce qui est important, c’est d’être attentif à ce que nous sommes en train de vivre au Congo. Il faut être attentif et penser à notre avenir. Si nous devons continuer comme nous vivons aujourd’hui dans ce Congo, je ne sais pas. À chacun de voir, d’écouter et de prendre position. Mais je crois que les évêques en tant que pasteurs ont l’obligation de vous dire ce qu’ils pensent être la position à prendre. Pour les vieux, ça passe, mais pour les jeunes, ceux qui naissent aujourd’hui, il faudrait voir quel Congo nous voulons leur préparer. C’est ça le plus important. Et chacun doit se positionner par rapport à cette question. Je veux vivre dans quel Congo demain ? L’année prochaine? », a interpelé le prélat.
Cette exhortation intervient dans un contexte national sombre, marqué par des massacres de civils dans plusieurs coins de la République. À cela s’ajoute une méfiance persistante au sein de la classe politique, ce qui alimente les tensions entre la majorité au pouvoir et l’opposition suite au projet de changement constitutionnel porté par la majorité. Une situation que les évêques membres de la CENCO tentent d’apaiser, en appelant les acteurs politiques au bon sens pour éviter au pays le spectre de la balkanisation et de nouvelles atrocités.
Dany Mweusi