Butembo : la récurrence des cas de suicide choque le Kyaghanda Yira

Maître Moise Ndekeyonge, président du Kyaghanda Yira en ville commerciale de Butembo. Ph. Joelle Mwenge

Le Kyaghanda Yira ville de Butembo s’inquiète de cas de suicide par pendaison devenue monnaie courante depuis le début de cette année 2026. Le président de cette structure citoyenne appelle la population au bon sens. Au cours d’une interview accordée à Radio Moto Butembo-Beni ce mardi 7 juillet 2026, Maitre Moise Ndekeyonge rappelle à tous la sacralité de la vie humaine.

« La vie comme don de Dieu, personne n’a le droit d’arrêter volontairement sa vie ou la vie de son semblable », a lancé le président du Kyaghanda Yira ville de Butembo. Maître Moise Ndekeyonge reconnait que dans le parcours humain sur cette terre, l’homme se heurte à certains faits qui le dépassent, mais cela ne donne pas raison à la personne de mettre fin à sa vie. Il retient que chaque problème humain a toujours une solution.

« Il y a un moment  nous avons vécu des cas de pendaison dans la ville. Ça fait très mal de voir que quelqu’un créé par Dieu décide de mettre fin à sa vie de cette manière.  La pendaison est une mauvaise pratique. Dans la coutume, c’est une façon de se moquer de son Créateur et aussi des ancêtres. Les ancêtres sont carrément fâchés. Ils ne peuvent jamais accepter que cette pratique soit adoptée par la population. Certaines gens croient que quand ils ont un problème particulier, il faut passer par la pendaison. Par exemple, si tu as une dette et que tu ne veux pas la résoudre, tu passes par la pendaison. Ou si tu es malmené dans ton foyer et que tu ne sais pas supportes pas la menace venue du conjoint, tu passes par la pendaison. Ce n’est pas vraiment autorisé chez le Yira, chez les nande. C’est vraiment interdit », rappelle Moise Ndekeyonge.

Il en est de même pour les avortements volontaires et les assassinats. Le président du Kyaghanda Yira ville de Butembo rappelle que ces fœtus que les femmes jettent dans les brousses, dans les rivières, dans les caniveaux et dans d’autres lieux cachés souillent la terre des ancêtres et les rendent nerveux au même titre que ceux qui versent le sang des innocents. C’est pourquoi le Kyaghanda Yira interpelle toute la population à éviter tout acte susceptible de provoquer la colère de Dieu et des ancêtres.

 « Il y a des filles qui sont en train de  recourir aux avortements forcés, des avortements volontaires. Certaines tombent enceintes sans le vouloir, et décident d’avorter en prenant des médicaments. Ce qui est grave, c’est qu’après l’avortement, elles vont  jeter les fœtus dans l’eau ou dans un quartier.  C’est une moquerie contre les ancêtres.  Ce sont des pratiques qu’il faut abandonner. Nous avons aussi enregistré des cas d’assassinats. Il y a des gens qui, à cause de conflits, engagent des personnes armées pour tuer.  Toutes ces personnes sont mortes sans le vouloir. Nous pensons qu’il est temps d’arrêter avec ces pratiques : les avortements clandestins et les assassinats qui ont pris place dans la ville et aux environs », a poursuivi

Notons que depuis janvier 2026, plus de 3 personnes ont décidé de mettre fin à leur vie par pendaison pour des raisons inconnues. Ce qui fait une moyenne de d’une personne chaque deux mois. Un fait qui ne fait qu’inquiéter toute la communauté par le fait que toutes les personnes mortes sont des parents et laissent derrière elles de petits enfants.  

Jean-Pierre Kilumbiro 

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