Beni : le docteur Kasereka Mulimaposo plaide pour la formalisation des « Vughuma » au profit du développement
Le docteur Kasereka Mulimaposo recommande la formalisation des caisses populaires dites « Vughuma » pour que ces caisses contribuent au développement local. Directeur de l’ISP Oicha, Kasereka Mulimaposo a formulé cette recommandation dans sa thèse à l’Université de Kisangani mercredi 8 juillet 2026. Sa recherche a porté sur les caisses populaires informelles (Obughuma) et leur contribution au développement local dans les villes de Beni et Butembo.
Cette recherche a consisté à analyser le rôle des structures communautaires dans un contexte marqué par la faible inclusion financière, l’insécurité et la fragilisation des institutions.
Dans les résultats, le chercheur en sciences économiques et de développement a démontré que les caisses populaires dites « Ovughuma », en s’appuyant sur des valeurs communautaires telles que la solidarité, la confiance et la réciprocité, facilitent la mobilisation de l’épargne locale, l’accès au crédit pour des populations souvent exclues des systèmes bancaires classiques.
Ces structures constituent également des espaces de cohésion sociale, d’entraide et de renforcement de la résilience collective. C’est par des cotisations et les adhésions qui contribuent significativement au développement local.
« Les caisses populaires informelles émergent comme des mécanismes androgènes d’adaptation permettant de compléter les insuffisances du système financier formel et non des simples mécanismes de survie. La pérennité des caisses populaires informelles repose d’abord sur la formalisation et la gouvernance permettant de structurer et de sécuriser les caisses. Ensuite, le renforcement des capacités et l’intégration améliorent les compétences des membres et leur insertion dans les réseaux. Troisièmement, l’usage de la technologie renforce la sécurité des fonds et la continuité des services. Enfin, la sécurité locale, la stabilité économique créent un environnement favorable à leur développement », a-t-il démontré.
Le chercheur reconnait toutefois que la pérennité de ces caisses populaires fait face à plusieurs défis liés notamment à l’insécurité, aux faibles gouvernances, aux risques opérationnels et à l’absence d’un cadre juridique adapté. Pour que ces structures soient efficaces et contribuent favorablement au développement local, le docteur Kasereka Mulimaposo recommande une formalisation progressive et une gouvernance structurée de ces caisses populaires.
La recherche du directeur général de l’ISP Oicha et enseignant à l’UAC dans le domaine du développement a consisté à démontrer l’importance des caisses populaires « Obughuma » en les considérant comme de véritables institutions hybrides du développement local dans les villes de Beni et Butembo.
La Rédaction