Ituri : un laboratoire mobile installé à Nia-Nia pour dépister Ebola en un temps record
C’est un ouf de soulagement dans la riposte contre Ebola. La zone de santé de Nia-Nia dispose désormais d’un laboratoire mobile pour l’analyse rapide des échantillons. La nouvelle est annoncée par le docteur Joseph Pemanakue, médecin-chef de zone.
Le médecin-chef de zone signale que plusieurs décès communautaires sont enregistrés chaque jour dans le village de Bafwabango. Il indique que la riposte n’a toujours pas repris à Bafwabango PK51, sur l’axe Nia-Nia-Isiro, après l’incendie du Centre de traitement Ebola (CTE) survenu le 30 juin 2026 dans cette partie de la chefferie des Bandaka.
“Ça fait une semaine qu’on a déjà installé le laboratoire mobile dans la zone de santé de Nia-Nia. Tous les échantillons sont examinés ici et dans 24 heures nous avons les résultats. Et on communique aux gens des CTE pour que les non-cas puissent être dégagés et qu’on reste au CTE avec les cas confirmés. Pour le moment, nous avons 23 cas qui sont au niveau de CTE, qui sont actifs au niveau de CTE. Et nous sommes en train d’envisager les cas guéris qui sont là, qu’ils puissent sortir. Après l’incendie du CTE, la riposte n’a pas encore démarré totalement. L’équipe de 51 est venue demander pardon pour voir comment nous pouvons descendre là-bas, puisque la situation est très chaotique. Chaque jour, nous déplorons beaucoup de cas de décès communautaire. 15 à 20 cas de décès par jour au niveau de PK 51. Les cas communautaires, ce qui est grave, c’est que tous ces cas sont enterrés d’une façon non sécurisée. Nous craignons encore beaucoup pour la contamination communautaire intense », a-t-il déclaré.
La même source lance un appel au gouvernement et aux partenaires. Elle sollicite la construction de deux CTE normés et la dotation d’une ambulance à la zone de santé pour faciliter le transport des malades de Bafwabango vers Nia-Nia où est érigé le centre de traitement.
“Bien sûr, si on aménage le centre de transit, c’est-à-dire que tous les malades pourront être isolés, prélevés et puis amener les échantillons ici à Nia-Nia pour que les cas positifs puissent être acheminés ici. C’est pourquoi nous avons vraiment besoin d’une ambulance, parce qu’avec cette ambulance-là, ça peut aider à transporter les malades de PK 51 jusqu’ici à Nia-Nia. Même les échantillons, ça sera transporté dans cette ambulance-là. Il faut des moyens, il faut les partenaires, parce que jusque-là, même le centre qui a été détruit, c’était construit par nos propres efforts, et même le centre qui est à Nia-Nia ne répond pas aussi aux normes. Nous avons vraiment besoin de partenaires pour nous construire des centres de traitement normés au niveau de la zone de santé de Nia-Nia. Ça pourra vraiment aider à rompre cette chaîne de transmission et éviter tous les cas de décès au niveau de la zone », a-t-il plaidé.
Selon le bulletin épidémiologique publié mercredi 15 juillet 2026, la zone de santé de Nia-Nia enregistre un cumul de 55 cas confirmés d’Ebola.
Esdras Kaghoma