Dialogue national en RDC : les Wazalendu posent leurs conditions pour participer et refusent le blanchiment des rebelles
Ils ne se considèrent plus seulement comme des forces de résistance sur le terrain, mais comme des acteurs politiques à part entière. Les Wazalendu, piliers de la défense populaire au Nord et au Sud-Kivu, aux côtés des FARDC, comptent bien faire entendre leur voix lors du futur dialogue national annoncé par le Chef de l’Etat de la République Démocratique du Congo.
Pour Dady Saleh, Coordonnateur national des Volontaires pour la Défense de la Patrie, VDP, cette participation est une nécessité, les affaires de l’État étant d’un intérêt de tous. Cependant, les Wazalendu posent des préalables fermes. Le premier est une mesure de décrispation : la libération de plus de mille de leurs membres actuellement détenus dans les prisons du pays.
Mais au-delà des libérations, c’est le contenu du dialogue qui inquiète ces combattants. Pour prévenir des débordements, ils ne veulent pas que cette rencontre serve à « blanchir » des rebelles ou à distribuer des postes ministériels à ceux qui ont ensanglanté l’Est du pays.
« Nous serons là pour que si on nous amène des criminels, personne n’a l’intention de blanchir les crimes économiques et les crimes de guerre. Nous sommes prêts à nous asseoir avec qui vous voulez pour lui dire toutes les vérités que nous avons. On n’est pas prêt à nous asseoir avec qui que ce soit pour essayer de blaguer, dire qu’on va leur donner des postes. Sinon, on sort de ce dialogue. Tout celui qui est passible d’avoir tué les Congolais, je pense qu’il devrait être en prison plutôt que d’être remercié par un dialogue qui va donner des postes, et vous devenez des ministres, etc. Non, on ne sera jamais d’accord. Notre présence n’est pas une présence d’enfants, c’est une présence avec un poids clair et lourd. On ne tolérera pas celui qui n’est pas Congolais de penser qu’il est Congolais. On est prêt à ce que le linge sale puisse se laver en famille. On peut faire des concessions, mais pas n’importe lesquelles», a-t-il indiqué.
Les Wazalendu préviennent qu’ils ne seront les gardiens de la vérité à la table des négociations.
Maombi Georges Makeo