Butembo : face au coût des matériaux, l’ingénieur Sadiki Nzanzu oriente les habitants vers le bloc-ciment
La construction en « monobloc » ou bloc-ciment prend de plus en plus d’ampleur en ville de Butembo, une habitude très récente. Un ingénieur en construction et œuvrant aujourd’hui dans la fabrication de ces matériaux de construction est revenu sur certains facteurs à la base de l’appropriation de ces blocs-ciment par la population. Il a également donné certains conseils pour que cette construction soit durable.
L’ingénieur Sadiki Nzanzu, technicien constructeur, s’est aussi lancé dans la fabrication du bloc ciment depuis un certain moment. Lui croit que l’avènement du monobloc tombe au bon moment vu la carence de la brique cuite, mais également la paupérisation de la population qui n’a pas assez de moyens pour se procurer de la brique cuite. Aussi, le bloc-ciment vient renforcer la protection de l’environnement, a dit l’ingénieur.
“Dans le domaine aussi de la protection de l’environnement, ça peut toujours faire que nous recourions toujours à ces monoblocs ou à ces blocs-ciments, puisque ça va nous aider déjà à protéger notre environnement, et ça va permettre à ceux qui n’ont pas assez de moyens aussi à se retrouver toujours dans la construction. Ça signifie qu’on peut retrouver quand même une différence. Nous ne dirons pas que ça va consommer trop comme celui des briques cuites. Donc c’est moins par rapport à ça. Actuellement, les bois de chauffage, ça coûte cher. On parle de 350$ par benne. Vous allez faire un compte de briques, ça peut aller au-delà même de 1 000 $. Mais quand au moins vous prenez 1 000 $, vous vous retrouvez au moins dans une affaire de 500 blocs ou 700 blocs. Déjà à partir de ces 700 blocs-là, on peut faire une structure quelconque », a-t-il démontré.
L’ingénieur Sadiki Nzanzu a reconnu le fait que le bloc ciment n’est pas aussi dur que la brique cuite. Par conséquent, le respect de certaines normes lors de la fabrication et une technicité rigoureuse lors de la construction sont très importants à observer.
“Ça dépend du dosage, tel que nous l’avons souvent dit dans le domaine de la construction. Le dosage, là on veut parler toujours des nombres de blocs par sac, par exemple. Parce que chez nous à l’école, on parlait de 25 blocs par sac. Alors si on n’a pas de moyens suffisants, on peut aller jusqu’à 30, on sera toujours dans ce dosage qui est quand même conforme. Les sables que nous utilisons dans les blocs de ciment, il faut qu’il y ait une colle. Alors ceux qui sont souvent efficaces, c’est ceux que nous retrouvons dans la commune de Mususa. C’est là où on a toujours au moins une qualité conforme. De ce sable, il faut appliquer ce qu’on appelle le crépissage au bloc-ciment. Puisque sans le crépissage, vraiment, ça n’a pas de résistance. Je ne dirais pas que c’est efficace comme celui des briques cuites”, a-t-il reconnu.
L’ingénieur Sadiki Nzanzu a affirmé qu’une habitation normale et moyenne peut contenir mille 200 à mille 500 blocs. Actuellement, en ville de Butembo, un bloc se vend entre 1,2 et 1,3$.
Stanley Muhindo