Défense à l’UNISIC (Kinshasa) : Richard Kaponirwe soutient que l’or de Kibali Gold ne suffit pas à gagner la confiance des habitants du Haut-Uélé 

Dans le Haut-Uélé, l’or de Kibali ne suffit pas à acheter la confiance de la population. C’est la conclusion d’un mémoire de Master en sciences de l’information et de la communication, défendu par Richard Mukama Kaponirwe à l’Université des sciences et de la communication (UNISIC). Son travail porte sur « L’enjeu de la communication des entreprises minières dans le Haut-Uélé », avec pour cas concret Kibali Gold Mines. 

Selon le constat de l’impétrant, l’exploitation minière n’est pas qu’une affaire d’économie. Elle bouleverse la vie des communautés riveraines. À Watsa, la présence de Kibali crée d’énormes attentes : emploi, routes, écoles, hôpitaux. Et quand ces attentes ne sont pas bien expliquées et accompagnées, elles se transforment en frustrations et en tensions. 

Richard Mukama Kaponirwe a révélé ce paradoxe perceptible malgré des investissements sociaux visibles. Conséquence : l’incompréhension persiste entre la mine et la population, a-t-il relevé. Kibali communique, mais n’est pas toujours comprise. L’entreprise réalise beaucoup d’actions, mais ces actions ne sont pas toujours perçues à leur juste valeur par les communautés, a ajouté Richard Kaponirwe.

“Nous avons également constaté plusieurs insuffisances. La prise en compte des attentes communautaires, par exemple, un résultat partagé de 50% des répondants  ont une perception positive, tandis que 50 % expriment une perception négative ou mitigée. Cela signifie que les efforts de l’entreprise sont reconnus, mais que les communautés souhaitent être davantage associées aux décisions qui concernent leur environnement et leur développement. De la même manière, les difficultés identifiées concernent principalement la circulation de l’information, la transparence, la prise en compte des préoccupations communautaires, le traitement de certaines doléances et les barrières linguistiques », a-t-il démontré. 

L’auteur du mémoire a émis certaines recommandations pour pallier le problème d’acceptation des entreprises minières, dont Kibali Gold Mines. S’appuyant sur trois théories majeures, dont celle de la communication bidirectionnelle de James Grunig, Richard Kaponirwe a estimé qu’il faut passer d’une communication descendante à une communication participative. 

Kibali ne doit pas seulement parler aux communautés, elle doit surtout les écouter. Elle ne doit pas seulement informer, mais associer les riverains aux décisions qui touchent leur environnement et leur développement, a recommandé le finaliste en master qui montre que l’or peut être extrait du sous-sol, mais la confiance, elle, ne peut être extraite nulle part, puisque, selon l’impétrant, elle se construit par la transparence, le dialogue, l’écoute et la participation. Un travail de Richard Kaponirwe ouvre la voie à d’autres recherches sur la responsabilité sociétale des entreprises minières dans le Haut-Uélé.                      

Patrick Kalungwana

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