Beni : des riverains du parc des Virunga présentent leur rapport en lien avec les limites de ce patrimoine 

La question des limites du Parc national des Virunga (PNVi) continue à susciter les débats entre les communautés riveraines et les autorités à Beni. Après avoir récusé les conclusions de la commission ad hoc instituée par le gouverneur de province, les communautés riveraines ont présenté leur propre rapport ce dimanche 6 septembre 2026. Elles demandent la confrontation des deux documents pour tenter de mettre fin au différend lié aux limites du parc de Virunga. 

Les communautés riveraines du Parc national des Virunga ont présenté ce rapport aux députés nationaux et provinciaux ainsi qu’à la presse, lors d’une réunion tenue dans la salle de l’hôtel Vyaka, à Beni. Cette assise a réuni plusieurs chefs coutumiers ainsi que des représentants des agriculteurs venus des zones en conflit avec le PNVi dans six territoires du Nord-Kivu. 

Dans leur rapport, les communautés riveraines contestent les conclusions de la commission ad hoc chargée de clarifier les limites du parc. Elles affirment avoir fondé leurs propres conclusions sur plusieurs éléments, notamment des relevés GPS effectués en 2025, des cartes des vestiges ancestraux, le décret du 12 novembre 1935 ainsi que les recommandations de l’Assemblée nationale de 2016 relatives au conflit entre l’ICCN et les populations riveraines. 

Les représentants des communautés demandent aux autorités provinciales et nationales de confronter leur rapport à celui de la commission ad hoc, afin d’examiner contradictoirement les données historiques, juridiques, cartographiques et topographiques avancées par les différentes parties. 

« Nous avons accompagné la commission ad hoc du gouverneur sur les sites selon les tracés des limites du Parc national des Virunga. Alors, leur rapport n’a pas rencontré notre consentement. Nous l’avons jugé frauduleux. C’est pourquoi la population riveraine a invité ses honorables députés pour leur faire part de son rapport, donc le rapport de la population, afin qu’ils puissent confronter le rapport de l’ICCN et le rapport de la population », a expliqué Kambale Bwakyaniria Emery, leur porte-parole.

Ils sollicitent également la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pluridisciplinaire et demandent la suspension des opérations de matérialisation des limites dans les zones contestées. Pour eux, la confrontation des deux rapports devrait permettre d’établir clairement les limites du PNVi et de contribuer à une solution durable au conflit qui oppose les populations riveraines aux services de conservation. 

Les représentants des élus présents à l’assise ont promis de suivre la question au niveau des institutions nationales afin de résoudre une fois pour toutes cette question qui a déjà fait plusieurs victimes.    

Milan Kayenga

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