Nord-Kivu/Énergie : les jeunes ambassadeurs Mwangaza de Beni et Butembo valident la cartographie des acteurs du secteur

L’accès à une énergie moderne, fiable et durable au Nord-Kivu vient de franchir une étape décisive. Ce mardi 1ᵉʳ septembre, près de 40 jeunes membres des clubs des ambassadeurs Mwangaza de Beni et Butembo se sont réunis à Butembo pour valider la cartographie des acteurs et l’analyse des parties prenantes du secteur énergétique provincial.

C’est dans une salle comble et dans une ambiance participative au centre d’accueil Joli Rêve que s’est tenu cet atelier d’un jour, sous l’égide d’Afre Watch. Un atelier considéré comme la première étape d’un processus de validation en deux phases. L’objectif : disposer d’un document de référence consensuel et opérationnel.

Une diversité d’acteurs passée au peigne fin

Le Nord-Kivu regorge d’une pluralité d’intervenants : institutions publiques, entreprises, producteurs indépendants, sociétés de distribution, société civile, partenaires techniques et financiers, institutions académiques et communautés. Le rapport provisoire présenté par le consultant de ce jour a identifié les rôles, les responsabilités, les intérêts et les niveaux d’influence de chacun. Les jeunes ont été invités à vérifier son exhaustivité, corriger et compléter.

Les jeunes au cœur de la gouvernance

Répartis en trois groupes thématiques, les participants ont travaillé d’arrache-pied. Le premier groupe a validé ou invalidé les acteurs identifiés. Le deuxième a analysé l’influence et l’intérêt pigés dans la gouvernance du secteur énergétique. Alors que le groupe trois a proposé des mécanismes de coordination. 

« Nous avons confronté la théorie à la réalité du terrain », confie une participante du Club de Butembo. « La journée a été bénéfique de ma part. Nous avons identifié des acteurs de l’énergie au Nord-Kivu. En tant que consommateurs et citoyens de la ville. Nous connaissons des problèmes d’énergie. Nous pouvons dire, d’ailleurs, que nous n’avons pas de sources énergétiques chez nous. Nous espérons qu’à l’issue de cet atelier, nous allons trouver des solutions, du moins sur le terrain, pour approvisionner la ville en moyens d’énergie. Ce qu’il nous faut, c’est la volonté des autorités locales et l’implication des bureaux d’études, je veux dire l’implication des jeunes ayant fréquenté les écoles techniques du secteur dans l’étude des possibilités de fournir les milieux locaux en énergie, que ce soit l’eau, l’électricité ou autre, avec l’appui du Gouvernement et d’autres partenaires, a argumenté un autre jeune », ont-ils fait savoir. 

Vers un consensus multisectoriel

Cet atelier n’est qu’une première marche. Les conclusions de Butembo vont être consolidées pour être soumises à un atelier provincial élargi réunissant l’ensemble des parties prenantes pour un consensus multisectoriel définitif.

À terme, ce document servira de base crédible pour les futures interventions, renforcera la coordination sectorielle et évitera les chevauchements des projets. La journée s’est clôturée dans la satisfaction générale, avec une mission claire : faire en sorte que l’énergie soit gouvernée de manière inclusive et durable au bénéfice des communautés du Nord-Kivu. 

Il convient de retenir que cette réflexion a été basée sur un travail préliminaire qui avait été réalisé par des consultants et qui ont dégagé pratiquement toute une liste d’acteurs étatiques et non étatiques qui interviennent de manière directe ou indirecte dans le secteur de l’énergie. Et donc la tenue d’aujourd’hui consistait d’abord à valider cette liste pour voir si ces acteurs identifiés sont vraiment des acteurs du secteur énergétique. 

Il a été constaté que tous interviennent dans le secteur. Et l’analyse approfondie a démontré ces acteurs ne sont pas au même niveau. 

« Il y a des acteurs qui ont plus de pouvoir que d’autres. Aussi il y a des acteurs qui ont plus d’intérêt que d’autres. Et ça, ça a permis de placer tous ces acteurs dans quatre catégories différentes. Notamment, les acteurs qui ont plus de pouvoir et moins d’intérêt », ont fait constater les parties prenantes à la réflexion, en montrant qu’il en existe également ceux ayant plus de pouvoir et plus d’intérêt. 

Outre ces catégories d’acteurs, il est à noter qu’il est aussi des acteurs qui ont moins de pouvoir et moins d’intérêt et les ayants moins de pouvoir et plus d’intérêt. Il s’agit là d’une catégorisation d’acteurs qui peut évoluer dans le temps et dans l’espace, selon le contexte.

Ainsi, les participants ont conseillé de pouvoir toujours revoir cette analyse périodiquement pour mieux placer les acteurs et arrêter les stratégies pour les influencer positivement en faveur de l’accès à l’énergie pour tous. 

Patrick Kalungwana

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